
Pedro Sánchez a rapidement démenti les rumeurs d’une éventuelle suspension de l’Espagne de l’OTAN, affirmant que Madrid reste un partenaire fiable et qu’aucune disposition du traité n’autorise une telle mesure.
Lors d’un sommet de l’Union européenne à Nicosie, Chypre, le Premier ministre a été interrogé sur un article de Reuters évoquant des réflexions à Washington suite à l’opposition de l’Espagne à la guerre menée contre l’Iran. Il a déclaré en anglais :
« Pas d’inquiétude ».
Et a ajouté en espagnol :
« Nous ne travaillons pas sur la base d’e‑mails, mais sur des documents officiels et les prises de position du gouvernement américain. La position du gouvernement espagnol est claire : une coopération absolue avec nos alliés, toujours dans le cadre de la légalité internationale. »
Il a rappelé que le traité fondateur de l’OTAN (1949) ne prévoit ni suspension ni exclusion d’un membre, une précision souvent soulignée dans les critiques de Donald Trump.
Le désaccord sur la guerre en Iran a irrité le président américain, qui accuse l’Espagne de refuser l’usage de bases militaires en Andalousie pour des frappes aériennes et menace de « cesser tout commerce ». Trump critique également le budget de défense espagnol : le gouvernement américain réclame 5 % du PIB de dépenses de sécurité d’ici 2035 (dont 3,5 % pour le seul militaire), conformément aux engagements pris à La Haye en 2022. Madrid, pour sa part, vise 2 % du PIB en dépenses militaires, estimant pouvoir satisfaire les exigences de capacité de l’OTAN.
| Objectif de dépenses | % du PIB requis |
|---|---|
| Engagement US (La Haye) | 5 % (sécurité) / 3,5 % (militaire) |
| Position de l’Espagne | 2 % (militaire) |
L’Italie, représentée par la Première ministre Giorgia Meloni, a appelé l’OTAN à « rester unie », soulignant l’importance de la solidarité au sein de l’Alliance.
En plus de ces différends, Sánchez s’est distingué comme l’un des rares dirigeants occidentaux à qualifier la guerre d’Israël à Gaza de « génocide », renforçant son image de voix critique au sein de l’Occident.
Le futur des relations Espagne‑États‑Unis reste incertain, mais Madrid continue de défendre son autonomie stratégique tout en affirmant son engagement envers l’OTAN.