
Les espoirs d'une désescalade au Moyen-Orient ont été durement éprouvés ce week-end, alors que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a ordonné des frappes "avec force" contre des cibles du Hezbollah au Liban, et que les efforts diplomatiques pour apaiser le conflit dans la région ont subi un revers majeur.
Samedi soir, suite à des rapports de l'armée israélienne faisant état de multiples violations du cessez-le-feu, Netanyahu a donné l'ordre d'intensifier les opérations. L'armée a notamment affirmé avoir « éliminé plus de 15 terroristes dans le sud du Liban », dont trois qui se déplaçaient dans un véhicule « chargé d'armes ». Elle a également accusé le Hezbollah d'avoir lancé des « drones explosifs » en direction de soldats israéliens près de la région de Qantara, lesquels auraient explosé à proximité des militaires sans faire de blessés. Cependant, le ministère libanais de la Santé a rapporté que six personnes avaient été tuées par des frappes israéliennes dans le sud du Liban, soulignant le lourd bilan humain de cette escalade.
Cette reprise des hostilités met à rude épreuve une trêve fragile entre Israël et le Hezbollah, dont une prolongation de trois semaines avait été annoncée jeudi soir par le président américain, Donald Trump, après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington.
En parallèle, les tentatives de désamorcer le conflit plus large au Moyen-Orient ont rencontré des difficultés. Le président américain Donald Trump a annulé samedi le déplacement de ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner au Pakistan, où des pourparlers devaient se tenir pour tenter de mettre fin au conflit en Iran. Cette décision intervient alors que la délégation iranienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi, avait déjà quitté Islamabad, bien qu'il y soit de nouveau attendu dimanche. Malgré cette annulation, Trump a affirmé avoir reçu des « propositions améliorées de Téhéran », laissant la porte ouverte à de futures discussions. Des premières discussions irano-américaines s'étaient tenues il y a deux semaines suite à un cessez-le-feu, mais les efforts pour les poursuivre ont échoué face à la fermeté affichée par Washington et Téhéran.
La région reste donc sur le fil du rasoir, entre une escalade militaire et des espoirs diplomatiques constamment contrariés.