
La scène diplomatique et militaire au Moyen-Orient s'est intensifiée cette semaine, marquée par des déclarations du président américain Donald Trump et des tensions persistantes sur plusieurs fronts. Jeudi 23 avril, le président américain a formellement écarté l'utilisation de l'arme nucléaire contre l'Iran, apaisant les craintes après de précédentes menaces. Depuis le Bureau ovale, il a déclaré :
"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire... Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?"
Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient déjà "détruit toute leur armée" et s'est montré impatient face à l'incertitude quant à l'identité du véritable interlocuteur en Iran.
Le président américain a également annoncé une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu entre Israël et le Liban, en vigueur depuis le 17 avril. Ce conflit, déclenché début mars, a déjà fait plus de 2 400 morts et un million de déplacés au Liban. Malgré les pourparlers à Washington, rejetés par l'organisation chiite, le Hezbollah poursuit ses opérations dans le sud du Liban et a tiré des roquettes sur le nord d'Israël, dénonçant des "violations" du cessez-le-feu. Donald Trump a néanmoins exprimé l'espoir d'une rencontre prochaine entre les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun. L'Union européenne, de son côté, s'apprête à discuter de la situation lors d'un sommet à Chypre.
Concernant l'Iran, le cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril — et qui devait expirer mercredi — a été prolongé unilatéralement par les États-Unis, bien que les négociations entre Washington et Téhéran soient au point mort. Donald Trump a martelé avoir "tout le temps du monde", ajoutant que ce n'était "pas le cas de l'Iran", soulignant ainsi l'impact des sanctions sur les exportations pétrolières de Téhéran.
Le conflit global, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, continue de peser lourdement sur l'économie mondiale et les marchés de l'énergie. Le détroit d'Ormuz, par où transitaient avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, reste soumis à un double blocus iranien et américain, entraînant une flambée des cours du pétrole. En signe de pression militaire, un troisième porte-avions américain, le George HW Bush, est arrivé dans la région. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré n'attendre que le feu vert américain pour reprendre les frappes et ramener l'Iran "à l'âge de pierre".
L'incertitude plane toujours sur la santé du nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, qui n'est pas apparu publiquement depuis qu'il a succédé à son père, Ali Khamenei, tué au début de la guerre. Le New York Times a rapporté qu'il aurait été "grièvement blessé", notamment brûlé au visage, mais resterait "vif d'esprit et actif". Des hauts responsables iraniens ont par ailleurs affiché une unité de façade, répondant aux allusions de Donald Trump sur des "divisions" au sein du pouvoir.
Alors que les lignes diplomatiques restent tendues, la posture américaine et l'évolution des forces sur le terrain dessinent un avenir incertain pour la stabilité régionale.