
Les frappes israéliennes dans le Sud du Liban ont repris hier, quelques heures seulement après que le gouvernement libanais ait diffusé un avis d’évacuation pour sept localités, mettant à mal le cessez‑le‑feu qui devait calmer la région.
Selon l’agence libanaise Ani, des avions de combat israéliens ont bombardé Kfar Tibnit, l’une des villages avertis, faisant plusieurs victimes. Le ministère de la Santé libanais comptabilise six morts et l’armée israélienne affirme avoir éliminé plus de 15 membres du Hezbollah. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a ordonné ces frappes « avec force » après ce qu’il qualifie de violations du cessez‑le‑feu.
Le cessez‑le‑feu, officiellement entré en vigueur le 17 avril (certaines sources mentionnent le 8 avril), autorise toutefois Israël à cibler le Hezbollah, ce qui explique la reprise des hostilités. Depuis le déclenchement des combats le 2 mars, les autorités libanaises estiment à 2 500 le nombre de morts causées par les frappes israéliennes.
Parallèlement, les pourparlers entre l’Iran et les États‑Unis, censés se tenir à Islamabad sous l’égide du Pakistan, se sont effondrés. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, était arrivé le 24 avril et a rencontré le commandant pakistanais Asim Munir ainsi que le Premier ministre Muhammad Shehbaz Sharif. Aucun échange avec les représentants américains – Steve Witkoff et Jared Kushner – n’a eu lieu.
« Je ne vois pas l’intérêt de les faire faire un vol de 18 heures dans la situation actuelle ; on peut tout aussi bien se débrouiller par téléphone », a déclaré Donald Trump à Fox News, insistant que l’annulation du déplacement ne signait pas une reprise de la guerre.
Les tensions se prolongent autour du détroit d’Ormuz, où le blocus américain a déjà détourné 37 navires depuis le début de la crise, tandis que l’armée iranienne menace d’une réponse militaire si le blocus se poursuit.
Ces deux fronts – la violence qui ravive le conflit libanais et l’échec des négociations qui maintient le blocage du commerce pétrolier – montrent que la région demeure à l’orée d’une escalade plus large, malgré les tentatives de médiation.