
Le premier trimestre 2026 a vu TotalEnergies profiter de la flambée des cours du pétrole et du gaz liée à la guerre au Moyen‑Orient, affichant un résultat net qui a dépassé toutes les prévisions.
Le groupe annonce un bénéfice net de 5,8 milliards $ (soit 4,96 milliards €), soit +51 % sur un an et +1,4 milliard $ par rapport au trimestre précédent. Cette performance repose sur plusieurs leviers :
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Bénéfice net | 5,8 mrd $ (4,96 mrd €) |
| Hausse annuelle | +51 % |
| Production pétrole / gaz | +4 % |
| Production GNL | +12 % |
| Dividende (acompte) | 0,90 € / action (+5,9 %) |
« Notre capacité à capturer la hausse des prix » – Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies.
Le trading a joué un rôle clé, les traders ayant « tiré parti de la volatilité des marchés », notamment lorsque le brut a brièvement atteint 120 $ le baril en mars. Un rapport du Financial Times évoque l’achat quasi‑total des cargaisons exportables hors du détroit d’Ormuz, opération que l’entreprise n’a ni confirmée ni démentie. Par ailleurs, le redémarrage partiel de la raffinerie Satorp en Arabie saoudite a été annoncé après les frappes du 8 avril.
Le fort résultat relance le débat européen sur la taxation des superprofits pétroliers. Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a indiqué ne pas avoir d’objection de principe à une telle taxe, soutenue par l’Espagne, l’Autriche, l’Allemagne, l’Italie et le Portugal.
Sur le terrain, Greenpeace France condamne « la logique cynique des géants du pétrole qui transforment des drames humains en opportunités financières », tandis que le député Éric Coquerel (LFI) réclame le plafonnement des marges des distributeurs. En réponse, TotalEnergies a limité depuis fin mars les prix dans ses 3 300 stations françaises à 1,99 € / litre pour l’essence et 2,09–2,25 € / litre pour le diesel.
Le groupe se retrouve ainsi à la croisée des intérêts financiers, des pressions sociétales et d’une géopolitique volatile : il capitalise sur la crise tout en devant gérer une contestation croissante autour du rôle des majors pétroliers dans les conflits mondiaux.