
Malgré un cessez-le-feu délicat au Liban, la tension reste palpable dans la région, avec des déclarations fermes du Hezbollah et une situation géopolitique complexe impliquant l'Iran et les États-Unis. La trêve, annoncée par Washington et en vigueur depuis vendredi, ne semble pas rassurer tous les acteurs sur le terrain.
Le chef du mouvement pro-iranien Hezbollah, Naïm Qassem, a clairement fait savoir que ses combattants gardaient "le doigt sur la gâchette" et riposteraient à toute violation israélienne. Ne faisant "pas confiance à cet ennemi", il a insisté sur le fait qu'un cessez-le-feu devait être une "cessation complète de toutes les hostilités" et ne pouvait être "unilatéral". M. Qassem a également critiqué vivement l'approche américaine, jugeant "une insulte" que les États-Unis imposent leur texte et s'expriment au nom du gouvernement libanais, dénonçant une "humiliation" pour le Liban.
Sur le terrain, les conséquences des précédentes hostilités sont encore visibles. L'armée libanaise a annoncé ce dimanche avoir rouvert une route et réparé plusieurs ponts dans le sud du pays, endommagés par des frappes israéliennes. La route entre Khardali et Nabatieh est désormais totalement rouverte, tandis que le pont Bourj Rahal-Tyr est partiellement accessible, et des travaux sont en cours pour le pont Tayr Falsay-Tyr. Ces efforts interviennent alors que l'armée israélienne a rapporté ce dimanche la mort "au combat" d'un de ses soldats dans le sud du Liban, le deuxième depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu et le quinzième depuis le début des hostilités contre le Hezbollah. Israël a également établi une "ligne jaune" de démarcation dans la zone.
Au-delà des frontières libanaises, le contexte régional est marqué par des développements significatifs. Les négociations entre les États-Unis et l'Iran sont toujours en cours, à trois jours de la fin annoncée du cessez-le-feu. Le puissant président du parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a reconnu des "progrès" mais a averti que le débat était "loin d'être bouclé", citant de "nombreuses divergences et certains points fondamentaux qui restent en suspens". Parallèlement, le détroit d'Ormuz est de nouveau fermé, et les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé de "prendre pour cible" tout navire qui s'approcherait, signalant une escalade potentielle des tensions maritimes.
La région reste ainsi suspendue à ces équilibres fragiles, où chaque déclaration et chaque incident pourrait redéfinir la trajectoire de la paix ou du conflit.