
Les frappes russes du 5 mai ont à nouveau transformé le ciel ukrainien en champ de bataille, rappelant brutalement que les promesses de trêve restent souvent de vaines paroles.
Dans la nuit du 4 au 5 mai, des bombes guidées russes ont touché Kramatorsk, Zaporizhzhia et Chernihiv, faisant 17 civils morts et 45 blessés. La soirée précédente, cinq personnes avaient déjà péri et 39 étaient à l’hôpital. Le ministère de la Défense ukrainien indique que les forces russes ont lancé 11 missiles Iskander‑M et 164 drones d’attaque, dont un modèle à décollage jet. Les systèmes de défense ukrainiens ont intercepté 149 drones et un missile, tandis que d’autres ont percé les lignes de défense.
| Ville | Décès civils | Blessés |
|---|---|---|
| Kramatorsk | 5 | 5 |
| Zaporizhzhia | — | — |
| Chernihiv | — | — |
| Autres (nuit précédente) | 5 | 39 |
Le secteur énergétique reste la cible principale : Naftogaz rapporte 107 attaques depuis le début de l’année, dont une à Poltava que le président Volodymyr Zelensky a qualifiée « particulièrement vile » parce qu’un second missile a frappé les secours déjà sur place. La première ministre Yulia Svyrydenko a rappelé que la Russie vise les installations d’énergie, les chemins de fer et les sites industriels, tout en endommageant habitations et commerces.
« La Russie montre un cynisme total en lançant ces attaques alors même qu’elle a annoncé une pause unilatérale », a déclaré le président Zelensky sur X.
En réaction, Kiev a annoncé qu’il observerait une trêve à partir de la fin du mardi, sans préciser de date d’arrêt, et a répliqué que la paix ne viendra que si la Russie cesse immédiatement les hostilités. Parallèlement, l’Ukraine a intensifié ses frappes de moyenne portée, doublant leurs nombres en avril par rapport à mars, et a lancé des missiles de croisière F‑5 Flamingo contre des cibles industrielles profondes, notamment à Cheboksary (trois blessés) et à la raffinerie de Kirishi, où 29 drones ont été abattus sans pertes humaines.
Le même jour, Zelensky s’est rendu à Bahreïn, où il a rencontré le roi Hamad bin Isa Al Khalifa pour proposer un partenariat bilatéral de défense anti‑drones, s’appuyant sur l’expertise ukrainienne déjà partagée avec plusieurs pays du Golfe. Cette initiative vise à créer un parallèle entre les menaces iraniennes dans le Golfe et les assauts russes sur le territoire ukrainien, tout en isolant diplomatiquement Moscou.
Les échanges de tirs montrent que, malgré les déclarations de cessez‑le‑feu, la guerre reste féroce et que chaque partie cherche à exploiter à la fois le champ de bataille et la scène internationale pour renforcer sa position.
Le prochain chapitre de ce conflit dépendra désormais de la capacité de l’Ukraine à transformer ces gestes diplomatiques en pressions réelles sur la Russie.