
Le détroit d’Ormuz, artère vitale pour un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié mondiaux, est aujourd’hui à l’arrêt : en 24 heures, seulement trois navires ont réussi à le franchir, contre une moyenne de 140 vaisseaux par jour avant le déclenchement des hostilités le 28 février.
Les données de suivi – MarineTraffic et les analyses satellitaires de SynMax – confirment que le flot commercial reste « pratiquement bloqué ». Une trentaine de navires ont tenté de rejoindre le passage vendredi, pour rebrousser chemin peu après, tandis que les premiers rapports canadiens indiquent que les bateaux restent regroupés de chaque côté du détroit. Le blocus américain des ports iraniens a intensifié la tension, poussant Téhéran à réaffirmer ses restrictions.
« Nous ne pouvons pas mettre en danger la vie des marins », a déclaré Arsenio Domínguez, secrétaire général de l’Agence maritime de l’ONU, lors de la semaine maritime de Singapour.
Le BRS, cabinet de courtage, estime que 61 super-pétroliers non iraniens – dont 50 chargés de jusqu’à 2 millions de barils chacun – sont piégés dans le golfe, un volume qui « serait accueilli avec gratitude » dans le contexte d’une demande mondiale de pétrole pressante.
Outre le blocage commercial, le risque d’incidents demeure élevé. L’armée iranienne affirme qu’une pétrolière iranienne a pénétré ses eaux territoriales avec l’appui de la marine, malgré les avertissements de la task‑force américaine. Le président Donald Trump a affirmé que l’Iran « avait retiré ou était en train de retirer toutes les mines marines », mais aucune confirmation officielle de Téhéran n’a été fournie, laissant les équipes de déminage face à des délais potentiellement de plusieurs semaines.
| Élément | Avant la guerre (28 févr.) | Situation actuelle |
|---|---|---|
| Navires traversant le détroit par jour | ~140 | 3 (24 h) |
| Super‑pétroliers bloqués | – | 61 |
| Barils potentiellement mobilisables | – | 2 M à 2 M par navire |
Le cesse‑feu de deux semaines entre les États‑Unis et l’Iran, débuté le 7 avril, reste fragile, tandis que le commerce maritime continue de se figer, laissant l’avenir du détroit dans l’incertitude la plus totale.
Le monde retient son souffle, car chaque jour d’immobilisation augmente le risque d’une escalade qui pourrait paralyser l’approvisionnement énergétique mondial.