Le pipeline Druzhba a recommencé à pomper du pétrole russe vers la Hongrie et la Slovaquie, débloquant ainsi le dernier obstacle qui retenait l’Union européenne d’approuver un prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine.
L’UE prévoit d’approuver ce financement colossal – convenu en décembre – afin de soutenir l’économie ukrainienne dévastée par la guerre et de financer la défense pendant les deux prochaines années.
Les représentants de l’UE ont lancé une procédure politique : chaque État‑membre dispose de 24 heures pour formuler une objection écrite. À défaut, le prêt pourrait être validé jeudi après‑midi, juste avant le sommet des chefs d’État à Chypre.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Montant du prêt | 90 milliards d’euros (≈ 106 milliards $) |
| Date limite d’objection | 24 h après le lancement de la procédure (jeudi) |
| Condition clé | Reprise du flux pétrolier sur le pipeline Druzhba |
En parallèle, l’UE cherche à faire adopter une nouvelle série de sanctions contre la Russie, également bloquée par la Hongrie et la Slovaquie.
La Hongrie, qui dépend encore largement du gaz et du pétrole russes, avait exigé la reprise du flux avant de lever son veto. Le Premier ministre sortant Viktor Orbán avait d’abord accepté, puis renégocié l’accord à l’approche des élections nationales du 12 avril, qu’il a perdu.
Le Premier ministre slovaque Robert Fico a rappelé que son gouvernement ne soutiendra pas les sanctions tant que le Druzhba ne sera « vraiment r ouvert ». Il a dénoncé une perte de confiance entre Kiev et Bratislava.
« Nous remplissons nos obligations, et nous attendons que le côté européen livre également », a déclaré le président Volodymyr Zelenskyy sur les réseaux sociaux, saluant le déblocage comme le « signal juste dans les circonstances actuelles ».
Le ministre slovaque de l’Économie, Denisa Saková, a confirmé que Ukrtransnaft avait informé que le pétrole était déjà entré dans le pipeline mercredi, avec une reprise attendue tôt jeudi.
Avec le flux pétrolier rétabli, la porte s’ouvre enfin sur le financement crucial pour l’Ukraine, tandis que les négociations sur les sanctions restent suspendues à l’accord de Budapest et Bratislava.
Le futur de l’aide européenne dépend désormais davantage de la capacité de Kiev à rétablir la confiance avec ses voisins, un défi qui pourrait redessiner la carte géopolitique de l’Europe de l’Est.