
Le premier jour du conflit, le Canada a affiché un soutien sans équivoque à l’action américaine contre l’Iran, avant de revenir rapidement sur sa position et de susciter une vive controverse.
Le 28 février, date du lancement de la guerre américaine contre l’Iran, Mark Carney a déclaré que Ottawa soutenait les objectifs de Washington. Il a rappelé que le pays considère l’Iran comme le principal exportateur de terrorisme d’État, responsable de la mort de plusieurs centaines de Canadiens, et a souligné la nécessité d’empêcher le régime d’acquérir l’arme nucléaire.
« Notre premier commentaire a été fait quelques heures après le début », a‑t‑il affirmé depuis le West Block.
Quelques jours plus tard, Carney a exprimé des regrets quant à l’absence de consultation de l’ONU, jugeant que la manière dont les objectifs étaient poursuivis pouvait contrevenir au droit international.
« Il y a des objectifs, mais il faut aussi examiner comment ils sont poursuivis et si cela respecte le droit international », a‑t‑il expliqué.
Le gouvernement canadien reste à l’écart du combat, mais Carney a indiqué que le pays pourrait intervenir pour rétablir la navigation dans le détroit d’Ormuz si un cesse‑feu durable était établi. Il a toutefois précisé que, pour l’instant, « nous ne sommes pas dans cette position, pour être tout à fait clair ».
Par ailleurs, Carney se rendra ce week‑end en Arménie pour le sommet de la Communauté politique européenne (EPC), où il sera le seul dirigeant non européen. Il y rejoindra ses homologues pour préparer une aide coordonnée dès qu’un cesse‑feu solide sera en place.
En somme, le Canada a rapidement passé d’un soutien initial à une mise en garde juridique, tout en gardant la porte ouverte à une participation future conditionnée à un arrêt définitif des hostilités. La prochaine étape : voir si les pourparlers aboutiront à ce cesse‑feu durable tant attendu.