
Le premier signe que les États‑Unis ne dicteront pas les conditions du prochain renégociation du traité commercial nord‑américain a retenti à Ottawa : le Premier ministre canadien Mark Carney a affirmé que Washington ne pouvait pas imposer d’« entrée » avant de s’asseoir à la table des négociations.
Le USMCA (accord États‑Mexique‑Canada) doit être revu en juillet. Des rapports de la CBC et de Radio‑Canada ont indiqué que l’administration Trump réclamerait un « frais d’entrée » – ou des concessions – avant d’entamer les pourparlers. Selon certains médias, il s’agirait d’un « entry free », ce qui crée une petite confusion dans la terminologie, mais le fond reste le même : les Américains voudraient obtenir des concessions préalables.
« Ce n’est pas le cas que les États‑Unis dictent les termes », a déclaré Carney en français, ajoutant que « c’est une négociation ».
« Nous comprenons ce que certains Américains appelleraient des irritants commerciaux », a-t-il poursuivi, soulignant que le Canada avait également ses propres « irritants » à résoudre.
Le conseiller québécois Jean Charest, membre du conseil d’experts de Carney, a confirmé les exigences d’entrée évoquées par Washington. Du côté américain, le représentant commercial Jamieson Greer a témoigné devant le Congrès que l’administration ne « rubber‑stampera pas » le renouvellement du traité et a critiqué le double‑jeu du Canada entre mondialisation et protectionnisme.
Le Premier ministre a rappelé que la dépendance économique et sécuritaire vis‑à‑vis des États‑Unis était désormais une faiblesse à corriger, comme il l’a indiqué dans un message télévisé du 19 avril. Parallèlement, le gouverneur de l’Ontario, Doug Ford, a maintenu l’interdiction de vente d’alcool et de vin américains, tandis que le secrétaire au Commerce Howard Lutnick a qualifié cette mesure « outrageuse ».
Enfin, Carney a souligné les efforts du Canada pour diversifier ses partenaires, notamment en concluant avec la Chine un accord réduisant les droits de douane sur les véhicules électriques de 100 % à 6,1 %, avec un plafond annuel de 49 000 unités, en échange d’une baisse des tarifs chinois sur les produits agricoles canadiens.
Les négociations s’annoncent longues et complexes, mais le Canada affirme son intention de ne pas céder sous la pression américaine. Le prochain cap : des discussions détaillées en juillet, où chaque irritant devra être résolu avant qu’un nouveau pacte ne voie le jour.