
Les frappes continuent de transformer le 9 mai – jour de la Grande Victoire – en une nouvelle journée de sang, alors que Moscou et Kiev s’accusent mutuellement d’ignorer le cessez‑le‑feu unilatéral décrété par l’Ukraine à minuit.
À la suite d’une trêve annoncée par Kyiv pour les commémorations du 9 mai, le président Volodymyr Zelensky a dénoncé un « refus évident » de la Russie. Il a déclaré que, jusqu’à 10 h 00 (07 h GMT), l’armée russe aurait commis 1 820 violations du régime de cessez‑le‑feu, incluant bombardements, tentatives d’assauts, frappes aériennes et usage de drones. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiga, a quant à lui répertorié 108 drones et trois missiles tirés, touchant notamment Kharkiv et Zaporizhzhia.
« Le choix de la Russie est un refus évident d’un cessez‑le‑feu et de sauver des vies », a tweeté Zelensky.
Les attaques russes du 5 mai ont fait au moins 28 morts selon les autorités locales ukrainiennes, dont 12 à Zaporizhzhia, 6 à Kramatorsk, 4 à Dnipro, 4 à Poltava, 1 à Kharkiv et 1 à Nikopol. Une frappe de drone russe a également tué une femme dans le Nord et deux personnes dans une maternelle à Soumy.
| Région / Ville | Décès signalés |
|---|---|
| Zaporizhzhia | 12 |
| Kramatorsk | 6 |
| Dnipro | 4 |
| Poltava | 4 |
| Kharkiv | 1 |
| Nikopol | 1 |
| Total | 28 |
Parallèlement, l’Ukraine a mené des représailles : un drone a fait cinq morts à Dzhankoi, Crimée, et une frappe a tué deux personnes à Cheboksary, sur le Volga. Le ministère russe de la Défense affirme avoir abattu 53 drones ukrainiens entre 21 h et 07 h, bien moins que les centaines recensés les nuits précédentes.
Les deux camps se menacent de réponses « symétriques ». Moscou a réduit les cérémonies du 9 mai, le défilé de la Place Rouge se déroulant sans matériel militaire pour la première fois en vingt ans, tandis que des coupures d’internet perturbent la vie quotidienne en Russie. L’Ukraine continue de réclamer une trêve prolongée pour relancer les négociations, mais, selon l’analyste ukrainien Volodymyr Fessenko, « si la Russie ne respecte pas notre cessez‑le‑feu, nous sommes en droit de ne pas respecter le sien ».
Le calendrier du 9 mai se confirme ainsi comme le nouveau champ de bataille, où chaque jour de combat menace d’éteindre les espoirs de paix.