
Des dizaines de militants de la flottille « Global Sumud » ont été libérés hier après 40 heures de détention par l’armée israélienne, mais leurs témoignages font état d’une violente prise d’otage en mer.
Le 29 avril, une flottille de 58 bateaux partagée entre Marseille, Barcelone et Syracuse tentait de briser le blocus de Gaza. Les forces israéliennes ont intercepté 21 des navires dans les eaux internationales, les forçant à embarquer sur un bateau de guerre israélien. Parmi les capturés, Raphaëlle Primet, conseillère communiste du Conseil de Paris, et 170 camarades ont été transférés d’abord en Crète, puis rapatriés en France.
Des militants ont rapporté des coups, des ecchymoses et des traitements qu’ils qualifient de « violence sévère et de torture », illustrés par des photos publiées par la presse italienne. Selon Il Manifesto, la tension a culminé lorsqu’une grève de la faim a été déclenchée pour protester contre le transfert forcé de deux activistes – le Brésilien Thiago Avila et le syndicaliste hispano‑palestinien Saif Abukeshek – vers Israël pour interrogatoire.
« Nous cherchons à mobiliser tous les moyens possibles pour que les gouvernements assument leurs responsabilités », a déclaré Tatiana Montella, avocate à l’origine de la plainte déposée auprès du parquet de Rome.
Le ministère français des Affaires étrangères s’est limité à rappeler que « se rendre à Gaza, que ce soit par mer ou par terre, est dangereux », sans condamner explicitement l’acte. En Italie, la plainte pour piraterie et enlèvement vise à ouvrir une enquête pénale. Aux États‑Unis, le porte‑parole du département d’État, Tommy Pigott, a qualifié l’initiative de « pro‑Hamas » et a exhorté les alliés à « prendre des mesures décisives » contre la flottille.
Cette affaire relance le débat sur le droit à la navigation en zone de conflit et sur la légitimité des réponses militaires face aux actions civiles pacifistes. Le sort de ces militants pourrait bien devenir le prochain point d’éclaircissement du droit international en mer.