
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclenché une vive polémique en accusant Israël d’acheter du blé « volé » par la Russie, une allégation qui a immédiatement plongé les relations bilatérales dans une tension inhabituelle.
Zelensky a rappelé sur X que « l’achat de biens volés engage une responsabilité pénale » et a dénoncé un « schéma criminel » où la Russie s’emparerait systématiquement de céréales sur les terres ukrainiennes occupées pour les réexporter. Selon Kiev, au moins 15 millions de tonnes de blé auraient déjà été détournées.
« Les autorités israéliennes ne peuvent ignorer quels navires arrivent dans les ports du pays ni quelle cargaison ils transportent. Dans n’importe quel pays normal, l’achat de biens volés engage une responsabilité pénale. » – Volodymyr Zelensky, X
Les preuves avancées reposent sur des enquêtes journalistiques (Haaretz) et sur l’analyse de données de suivi des navires. Plusieurs cargaisons seraient déjà arrivées à Haïfa :
| Navire | Cargaison déclarée | Date d’arrivée |
|---|---|---|
| Panormitis | 6 200 t de blé + 19 000 t d’orge | Avril 2024 |
| Abinsk | 43 000 t de blé | Début avril 2024 |
| Autres (2‑3) | Céréales ukrainiennes | 2023‑2024 |
Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a fermement rejeté les accusations, affirmant que l’Ukraine n’a fourni aucune preuve ni demandé d’assistance judiciaire.
« Le gouvernement ukrainien n’a formulé aucune demande d’assistance judiciaire et n’a fourni aucune preuve pour soutenir ses accusations. » – Gideon Saar, X
Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a convoqué l’ambassadeur d’Israël à Kyiv, prévenant que le commerce illégal de blé pourrait « compromettre les relations amicales ». L’Union européenne, via le Conseil européen, a rappelé en mai 2024 disposer de preuves que la Russie exporte illégalement des céréales provenant des territoires occupés.
Le Kremlin, par la voix de Dmitri Peskov, s’est abstenu de commenter. Tandis que l’Ukraine prépare des sanctions ciblées contre les entreprises et individus impliqués, Israël insiste sur le manque de fondement juridique. Le différend risque de s’étendre aux instances européennes, qui pourraient envisager des mesures restrictives si les allégations sont confirmées.
Cette impasse souligne à quel point la guerre des céréales devient un nouveau front diplomatique, où chaque cargaison peut faire basculer la confiance entre alliés.