
Sobriété et vigilance : dès l’aube du 9 mai, la capitale russe s’est transformée en un champ de bataille des drones, où chaque interception a été célébrée comme une victoire de la défense aérienne.
La Russie prépare son traditionnel défilé du Jour de la Victoire, mais cette année la cérémonie est placée sous haute surveillance. Le maire de Moscou Sergueï Sobyanine a annoncé la destruction de 20 drones qui tentaient de pénétrer la ville, tandis que le ministère russe de la Défense a confirmé que 32 drones ont été abattus depuis jeudi matin. Les alertes s’intensifient alors que le président Vladimir Poutine doit assister au parade samedi, et que le Kremlin assure que « les mesures particulières pour garantir sa sécurité ne seront pas minimisées ».
La Russie a décrété une trêve unilatérale de deux jours pour les commémorations, mais les déclarations se contredisent. Le président ukrainien Volodimir Zelensky a accusé Moscou de ne « pas la moindre tentative de cessez‑le‑feu », affirmant que plus de 850 frappes de drones russes ont eu lieu pendant la nuit. > « Les menaces de Moscou de frapper le cœur de Kiev et l’avertissement aux missions diplomatiques de quitter Kiev sont irresponsables », a dénoncé une porte‑parole du Foreign Office britannique. En réponse, le ministère russe des Affaires étrangères a ordonné l’évacuation du personnel diplomatique de Kiev, invoquant le risque de « frappes de représailles ».
Pour la première fois en près de vingt ans, le défilé ne comprendra aucun matériel militaire, et seules quelques délégations étrangères – de Biélorussie, Malaisie et Laos – y seront présentes. Le gouverneur de l’oblast de Perm a rapporté une attaque de drone sur une raffinerie de Loukoïl, sans victime.
En résumé, la fête de la Victoire se joue à double échelle : d’un côté, la démonstration de force russe, de l’autre, la dénonciation d’une trêve inexistante par l’Ukraine.
Ce qui était censé être un symbole de paix pourrait devenir le prélude d’une escalade encore plus violente.