
Malgré une nouvelle proposition de l'Iran pour relancer les négociations de paix avec les États-Unis, le président américain Donald Trump a exprimé vendredi son "insatisfaction", renouvelant ses menaces de "pulvériser" la République islamique si la diplomatie échoue. Cette réaction intervient après que l'agence officielle iranienne Irna a annoncé que Téhéran avait transmis jeudi soir "le texte de sa dernière proposition au Pakistan", qui agit comme médiateur dans les discussions.
Le président Trump a martelé qu'il préférerait ne pas avoir à "pulvériser une fois pour toutes" l'Iran, mais a insisté sur le fait qu'une reprise de la guerre restait "une option". Il a également estimé que les dirigeants iraniens étaient "désunis" et incapables de s'entendre sur une stratégie de sortie de crise. Selon une "source bien informée" citée par le site américain Axios, la Maison Blanche exige que l'Iran s'engage à ne pas transférer son uranium enrichi hors de ses sites bombardés et à ne pas relancer ses activités nucléaires pendant les pourparlers.
Un cessez-le-feu était entré en vigueur le 8 avril, après près de 40 jours de frappes israélo-américaines sur l'Iran et de représailles de Téhéran. Donald Trump a notifié au Congrès que les hostilités étaient "terminées", bien que la présence continue de forces américaines dans la région, incluant 20 navires de guerre et deux porte-avions, soulève des doutes chez certains élus démocrates. Parallèlement, Washington a imposé de nouvelles sanctions contre les intérêts iraniens et a autorisé la vente de systèmes de missiles Patriot au Qatar. Le Pentagone a également annoncé le retrait de 5 000 militaires d'Allemagne, une décision qui s'inscrit dans un contexte d'irritation de Trump face au manque de soutien européen face à l'Iran.
Du côté iranien, la position reste ferme. Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a déclaré que "la République islamique ne s'est jamais dérobée aux négociations (...) mais nous n'accepterons certainement pas qu'on nous impose" une politique, affirmant que les États-Unis n'avaient "rien obtenu" de la guerre. Cette unité est confirmée par l'analyste Negar Mortazavi, qui voit la défense de la souveraineté iranienne comme une "bataille existentielle".
L'annonce de l'offre iranienne a eu un impact immédiat sur les marchés pétroliers, entraînant une forte baisse des cours : le Brent est passé de plus de 126 dollars à un peu plus de 108 dollars le baril. Sur le plan intérieur, si la trêve a permis un retour à une certaine normalité, le quotidien des Iraniens reste difficile, plombé par une inflation galopante et un chômage élevé. Le guide suprême, Mojtaba Khamenei, a exhorté les entreprises à éviter les licenciements. Dans le sud du Liban, où Israël continue de combattre le Hezbollah pro-iranien malgré le cessez-le-feu, de nouvelles frappes ont fait 12 morts, dont un enfant. L'impasse diplomatique et les tensions régionales continuent de secouer l'équilibre mondial.