
Le pont B1, joyau d’ingénierie suspendue entre Téhéran et la mer Caspienne, a été rasé en moins de trois heures par une frappe aérienne américaine, plongeant la ville de Karaj dans le choc et le deuil.
Le vendredi 3 avril 2026, l’AFP a pu accéder au site après une visite organisée par les autorités iraniennes. Un responsable a indiqué que 12 bombes avaient été larguées la veille, foudroyant la structure : les deux piliers centraux ont tenu, mais l’ensemble a été découpé en deux, les câbles tordus et les blocs de béton suspendus dans le vide. Selon la Fondation des martyrs de la province d’Alborz, citée par l’agence IRNA, l’attaque a fait 13 morts civils et des dizaines de blessés parmi les familles qui pique-inaient dans la vallée en dessous.
Le pont B1, mesurant 1 050 m de long pour 176 m de hauteur, était le plus grand pont à haubans d’Iran et du Moyen‑Orient, prévu pour ouvrir cet été après plus de deux ans de travaux mobilisant 700 ouvriers. L’ingénieur en chef, Roozbeh Yazdi, a décrit le projet comme « notre enfant », déclarant :
« Nous avons travaillé pendant deux ans, matin et soir, avec tout notre cœur. Nos efforts ont été anéantis en trois heures. Si Dieu le veut, nous le reconstruirons. »
Le même jour, l’ancien président américain Donald Trump a publié sur sa plateforme « Truth » une vidéo du pont en ruines, affirmant :
« Le plus grand pont en Iran s’écroule et ne sera plus jamais utilisé. »
Il a ajouté un appel à un accord avec l’Iran avant qu’il ne soit « trop tard ». L’Iran a riposté via son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, qui a rétorqué sur X :
« Frapper des infrastructures civiles, y compris des ponts inachevés, ne poussera pas les Iraniens à se rendre. »
Les médias iraniens Isna et Fars ont rappelé que le pont faisait partie d’un projet autoroutier stratégique et ont publié une liste de cibles potentielles pour d’éventuelles représailles, incluant le pont Cheikh Jaber Al‑Ahmad Al‑Sabah au Koweït et le pont Roi Fahd reliant l’Arabie Saoudite à Bahreïn.
Le B1 restera un symbole de résilience : même détruit, son souvenir alimente la promesse de le rebâtir.