
L'Ukraine a été la cible d'une intense campagne d'attaques russes à la roquette et aux drones pendant deux jours consécutifs, la capitale, Kiev, portant le poids principal de ces bombardements massifs qui ont fait de nombreuses victimes et causé des destructions généralisées. Ces raids interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques et de déclarations contradictoires sur un éventuel apaisement du conflit.
Jeudi, Kiev a été frappée par une nouvelle vague d'assauts nocturnes, marquant le deuxième jour d'attaques continues.
Des bilans divergent concernant les victimes de l'attaque nocturne la plus récente : une source rapporte au moins huit personnes tuées, dont un enfant de 13 ans, et 44 blessés dans la capitale. Une autre source, citant les autorités ukrainiennes, fait état d'au moins une personne tuée et plus de 31 blessés, dont des enfants.
Les attaques de mercredi avaient déjà causé la mort d'au moins 14 personnes et blessé plus de 80 autres. À Kiev, un grand immeuble d'appartements s'est partiellement effondré dans le district de Darnytskyi, détruisant dix-huit appartements et nécessitant le sauvetage d'au moins onze personnes des décombres. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a confirmé que quarante personnes avaient été blessées dans la capitale, dont deux enfants, et que trente et une avaient été hospitalisées. Le ministre ukrainien de l'Intérieur, Ihor Klymenko, a précisé que "plus de dix personnes sont toujours portées disparues". Les services d'eau et d'électricité ont été perturbés dans l'est de la ville.
L'armée de l'air ukrainienne a rapporté que la dernière offensive a impliqué 56 missiles de divers types et près de 700 drones. La veille, une autre vague avait impliqué près de 800 drones, ce qui en fait l'une des périodes d'attaques aériennes les plus intenses depuis le début de la guerre. Le président ukrainien, Volodymyr Zelenskyy, a dénoncé ces raids, déclarant :
"Il doit y avoir une réponse juste à toutes ces frappes." Il a également accusé Moscou de "cibler délibérément des civils" et d'essayer de "submerger les systèmes de défense aérienne ukrainiens" pour "causer autant de chagrin et de douleur que possible".
Ces attaques massives surviennent après des déclarations du président américain, Donald Trump, suggérant qu'un accord de paix entre la Russie et l'Ukraine était "très proche", et des remarques du président russe, Vladimir Poutine, selon lesquelles la guerre pourrait toucher à sa fin. Un bref cessez-le-feu de trois jours, soutenu par Trump, s'est également effondré juste avant ces nouvelles vagues d'attaques, ravivant les craintes d'une escalade. La Hongrie a d'ailleurs convoqué l'ambassadeur de Russie après des frappes près de sa frontière, signalant un changement de ton diplomatique.
Le conflit continue d'avoir des répercussions mondiales, perturbant les exportations de céréales, les prix de l'énergie et les chaînes d'approvisionnement, tout en exerçant une pression immense sur les défenses aériennes ukrainiennes face à l'augmentation de la production de drones russes. Pour les civils ukrainiens, ces nuits d'horreur sont devenues une partie de leur quotidien, marquant une profonde empreinte psychologique.