
Les attaques coordonnées du groupe djihadiste JNIM et de la rébellion touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont plongé le Mali dans l’une des journées les plus violentes depuis la prise du pouvoir par la junte en 2020, frappant la périphérie de Bamako et plusieurs villes du nord.
Dans la matinée du 25 avril 2026, des combattants du JNIM ont déclaré leur responsabilité pour des assauts ciblant le siège du président Assimi Goïta, le ministère de la Défense dirigé par Sadio Camara, l’aéroport international de Bamako et des sites militaires à Kati. Simultanément, le FLA a annoncé la prise de contrôle de Kidal et de plusieurs positions dans la région de Gao. Les combats se sont prolongés jusqu’à l’après‑midi, avec des hélicoptères de l’armée survolant encore la capitale.
| Lieu | Blessés civils | Blessés militaires | Décès estimés |
|---|---|---|---|
| Bamako / Kati | 6 | 10 | – |
| Kidal | – | – | – |
| Gao | – | – | – |
| Total (déclaré) | 16 | 16 | plus de 70 morts (attaque de septembre 2024) |
« Nous faisons face à une vaste offensive coordonnée à un niveau inédit depuis 2012 », a déclaré Charlie Werb, analyste d’Aldebaran Threat Consultants, soulignant de graves lacunes de sécurité à Bamako.
Le gouvernement malien a d’abord qualifié la situation de « sous contrôle », tout en reconnaissant la neutralisation de plusieurs terroristes et la destruction d’équipements. L’Union africaine et le Bureau des affaires africaines des États‑Unis ont exprimé leurs condoléances et condamné fermement les attaques. Dans un communiqué inédit, le JNIM a adressé un « message à la Russie », proposant de ne pas cibler les forces russes présentes sous couvert d’une « neutralité » de Moscou.
Les analystes, dont Hasret Kargın de Mintel World, avertissent que la reprise de villes comme Kidal ou Gao sans appui aérien restera difficile, le soutien aérien étant désormais le facteur décisif. Alors que la junte cherche à restaurer son autorité, le double front jihadiste‑séparatiste montre que le Mali demeure au cœur d’une crise sécuritaire dont l’issue reste incertaine.
Le pays se retrouve ainsi à la croisée des chemins, où chaque décision pourrait remodeler la stabilité du Sahel.