
Le premier avion américain abattu sur le sol iranien depuis le déclenchement de la guerre a fait l’objet d’une course à la recherche des deux pilotes, révélant à la fois la fragilité de l’aéronautique américaine dans la région et la montée des représailles civiles.
L’armée iranienne a déclaré avoir mis à mort un F‑15E Strike Eagle grâce à un système antiaérien des Gardiens de la Révolution. Deux aviateurs étaient à bord ; selon les médias américains, l’un d’eux aurait pu s’éjecter et être extrait par des forces spéciales américaines dans le sud‑ouest de l’Iran, tandis que le sort du second reste inconnu. Le New York Times avait précédemment signalé la perte d’un autre avion – un A‑10 Thunderbolt II – qui aurait sombré dans le golfe après avoir été touché par les Iraniens.
Le Bureau de la Maison Blanche a confirmé que le président Donald Trump était « tenu informé », mais, lors d’une interview à NBC, il a affirmé que l’incident n’affecterait « rien du tout » les négociations éventuelles avec Téhéran :
« Cela ne change rien du tout », a déclaré le président Trump.
Aucun soldat américain n’a été tué ou capturé sur le sol iranien, bien que treize pertes américaines aient été enregistrées en Irak, au Koweït et en Arabie saoudite depuis le début du conflit.
Parallèlement, l’Iran continue de lancer missiles et drones contre Israël et les monarchies du Golfe, tandis que Israël a bombardé la banlieue sud de Beyrouth. Des alertes aux missiles ont blessé légèrement des civils à Rosh Haayin, près de Tel‑Aviv, et des débris de drones interceptés ont fait quatre blessés à Bahreïn.
Le 3 avril, un bombardement a détruit le pont à haubans B1 en construction à Karaj, faisant 13 civils morts et des dizaines de blessés. Le président Trump a vanté la destruction du « plus grand pont d’Iran » sur son réseau « Truth », tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rappelé que frapper des infrastructures civiles ne contraindrera pas l’Iran à se rendre. L’agence Fars a même publié une liste de ponts stratégiques susceptibles d’être visés en représailles, dont le pont Sheikh Jaber Al‑Ahmad Al‑Sabah au Koweït (36 km) et le pont Roi Fahd entre l’Arabie saoudite et Bahreïn (25 km).
Le drame du F‑15E souligne à la fois la dangerosité du théâtre d’opérations et la probabilité d’une escalade qui pourrait toucher davantage de civils.
Le conflit, déjà meurtrier, semble désormais se jouer aussi sur les infrastructures, préfigurant une guerre dont les répercussions dépasseront les seuls champs de bataille.