
Les attaques qui ont éclaté entre Iran, Israël et les États‑Unis depuis le 28 février ne montrent aucun signe d’apaisement : la quatrième semaine du conflit, du 20 au 27 mars, a fait basculer la région vers une crise énergétique mondiale, tout en forçant l’Union européenne à prendre des mesures d’urgence.
Le détroit, passage de 20 millions de barils de pétrole chaque jour, a été partiellement débloqué le 25 mars lorsque Téhéran a autorisé les « navires non‑hostiles » à le traverser sous contrôle international. La veille, Donald Trump avait menacé de « anéantir toutes les infrastructures énergétiques iraniennes » si le détroit restait fermé ; l’Iran a riposté en annonçant qu’il le fermerait complètement si les menaces américaines étaient exécutées.
« Nous avons eu de très bonnes discussions pour une cessation totale des hostilités, et nous avons proposé un plan en 15 points », a déclaré le président Trump.
Parallèlement, une centaine de personnes ont été blessées par des frappes iraniennes dans le sud d’Israël, et le commandant de la marine des Gardiens de la révolution a été tué par une frappe israélienne, accentuant le risque d’escalade.
Face à la flambée des cours du pétrole, la Commission européenne a exhorté les 27 États‑membres à remplir leurs réservoirs de gaz avant l’hiver, tout en soulignant que l’approvisionnement restait assuré. Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, a qualifié la situation d’« choc pétrolier », précisant que « l’hypothèse d’une crise passagère n’est plus d’actualité ».
Plusieurs pays ont adopté des mesures de restriction et de soutien :
| Pays | Mesure principale | Limite quotidienne |
|---|---|---|
| Slovénie | Rationnement carburant | 50 L (particuliers) / 200 L (entreprises) |
| Irlande | Baisse des droits d’accise | –0,15 €/L (essence), –0,20 €/L (diesel) |
| Pologne | Réduction TVA carburants | TVA à 8 % + plafonnement des prix |
Le G7, réuni en France, a réaffirmé que l’Iran ne doit pas « prendre en otage l’économie mondiale ». Le ministre allemand des Affaires étrangères a indiqué que des contacts indirects entre Washington et Téhéran préparaient une rencontre directe au Pakistan.
Alors que la guerre s’enlise, l’Europe se trouve à la croisée des chemins entre diplomatie et sécurité énergétique, et chaque jour ajoute un nouveau chapitre à une crise qui menace de redessiner l’équilibre mondial.