
Les bourses européennes s'apprêtent à ouvrir en baisse ce vendredi, l'ombre du risque géopolitique planant de nouveau sur les marchés suite à des accrochages ravivés entre les États-Unis et l'Iran dans le détroit d'Ormuz. Ces tensions ont provoqué une remontée des cours pétroliers, le baril repassant au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars.
Les premières indications suggèrent un repli généralisé en Europe : le CAC 40 parisien est attendu en baisse de 0,68%, le Dax de Francfort de 0,86%, et le FTSE 100 de Londres de 0,71%. L'indice EuroStoxx 50 pourrait perdre 0,76% et le Stoxx 600 0,72%. Cette prudence s'explique par les accusations mutuelles des armées américaine et iranienne d'avoir enfreint une trêve annoncée un mois plus tôt, ainsi que le signalement par les Émirats arabes unis d'une attaque iranienne de missiles et de drones dans la nuit de jeudi à vendredi.
Le marché pétrolier réagit fortement à cette escalade : le Brent progresse de 1,05% pour atteindre 101,11 dollars le baril, et le brut léger américain (WTI) de 0,74% à 95,51 dollars. Cette situation menace la réouverture du détroit d'Ormuz, voie de transit essentielle. Sur les devises, le dollar s'apprécie de 0,11% face à un panier de devises, tandis que l'euro grappille 0,09% à 1,1735 dollar.
Malgré les hostilités, des signaux mitigés tempèrent l'inquiétude. Des sources ont fait état jeudi d'avancées dans les discussions entre Washington et Téhéran en vue d'une entente. Par ailleurs, le président américain Donald Trump a déclaré que le cessez-le-feu était toujours en vigueur, entretenant l'espoir d'une résolution négociée du conflit et atténuant l'ampleur de la hausse des cours du pétrole.
Marija Veitmane, responsable d'études sur les actions chez State Street Markets, explique cette résilience : "Malgré la poursuite des hostilités et des prix du pétrole toujours élevés, les marchés anticipent une durée limitée [du conflit]".
En Asie, le Nikkei a reculé de 0,40% et les indices chinois ont fléchi, également sous le poids des tensions américano-iraniennes. Wall Street avait déjà terminé en baisse jeudi, l'incertitude régnant quant à un règlement du conflit.
Côté indicateurs économiques, les investisseurs attendent avec attention le rapport officiel mensuel sur l'emploi américain. Le consensus Reuters prévoit 62 000 créations de postes non-agricoles en avril, avec un taux de chômage stable à 4,3%. La semaine prochaine, la rencontre entre les présidents Trump et Xi Jinping sera également scrutée de près. L'équilibre précaire entre la réalité des tensions géopolitiques et l'anticipation d'une résolution continue de dicter la danse des marchés.