
Depuis quelques jours, l’Iran scrute la réaction de Washington à une nouvelle offre de paix, tandis que les menaces de confrontation s’intensifient.
Après le cessez‑le‑feu décrété le 8 avril – suite à près de 40 jours de frappes israélo‑américaines et aux représailles iraniennes – Téhéran a transmis, via le médiateur pakistanais, un plan de 14 points. Le texte demande le retrait des troupes américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus des ports iraniens, le dégel des avoirs, le financement de réparations, la suppression des sanctions et l’instauration d’un « mécanisme » pour le détroit d’Ormuz, ainsi que la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Le dossier nucléaire, pourtant central pour les États‑Unis et Israël, n’apparaît pas dans la proposition, que le porte‑parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, décrit comme « concentré exclusivement sur la fin de la guerre ».
« Trump doit choisir entre une opération militaire impossible ou un mauvais accord avec la République islamique », a déclaré le service de renseignement des Gardiens de la Révolution.
Le président Donald Trump a déclaré qu’il étudierait la proposition, mais a ajouté que les Iraniens n’« ont pas encore payé un prix suffisant » pour leurs actions depuis 47 ans. Le ministre du Trésor américain, Scott Bessent, a affirmé que les États‑Unis « asphyxièrent le régime », soulignant le blocus des ports en réponse au quasi‑blocage du détroit.
Le général Mohsen Rezaei, ancien commandant des Gardiens, a menacé de couler les navires de guerre américains et de les envoyer « au cimetière », qualifiant Washington de « pirate ».
Parallèlement, le confinement du détroit, qui transportait auparavant un cinquième du pétrole mondial, a fait grimper le prix du Brent à son plus haut niveau depuis 2022, accentuant les pressions économiques sur les marchés mondiaux.
Alors que Trump, qui disposait jusqu’à vendredi pour solliciter l’autorisation du Congrès, a préféré notifier par lettre que les hostilités étaient « terminées », plusieurs législateurs démocrates soulignent la présence continue de forces américaines dans la région.
Le futur des négociations reste incertain, mais l’enjeu : éviter que la rhétorique de menace ne se transforme en une nouvelle escalade militaire.