
Le 5 mai 2026, Erevan a accueilli le tout premier sommet bilatéral UE‑Arménie, marquant un tournant visible dans la stratégie d’atténuation de l’influence russe du petit État du Caucase.
Réunis autour du président du Conseil européen Antonio Costa, de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan, les dirigeants ont signé une série d’accords couvrant les transports, l’énergie, la sécurité et le soutien économique.
« Nous vivons tous dans un contexte géopolitique volatile ; le tout premier sommet UE‑Arménie ne pouvait pas être plus opportun », a déclaré von der Leyen lors de la conférence de presse.
L’Union européenne a lancé un appel inédit aux investisseurs, affirmant vouloir faire de l’Arménie « une destination clé » et un futur hub régional pour les matières premières critiques. Parallèlement, elle s’est engagée à aider le pays à résister aux crises et à combattre la désinformation avant les élections législatives du 7 juin, en déployant une mission d’observation du Parlement européen et une équipe d’experts civils pour deux ans.
La rencontre s’inscrit dans un contexte de refroidissement des liens avec la Russie, traditionnel allié militaire et économique, qui n’a pas soutenu l’Arménie lors du conflit avec l’Azerbaïdjan en 2023. Moscou a déjà averti que l’adhésion à l’UE serait « impossible » tant que l’économie arménienne resterait dépendante du marché russe.
Arménie a toutefois adopté en 2025 une loi déclarant son intention de présenter une candidature officielle, mais le gouvernement reste prudent, attendant de satisfaire les critères d’adhésion. Le président français Emmanuel Macron, en visite d’État, a souligné que « la vocation de l’Arménie est une vocation européenne », tandis que le vice‑président américain J.D. Vance a effectué une visite en février, témoignant d’un intérêt occidental croissant.
Le sommet, qui a suivi la 8ᵉ réunion de la Communauté politique européenne à Erevan, montre que l’Europe veut désormais jouer un rôle décisif dans la stabilité et le développement du Caucase, tout en préparant l’Arménie à une éventuelle intégration future.
L’avenir de l’Arménie se dessine désormais sur la carte européenne.