
Les dirigeants européens se sont retrouvés à Chypre ce vendredi 24 avril, sous la pression d’une crise qui menace de s’étendre du Liban à l’Iran, et leurs discours témoignent d’une course contre la montre pour ramener la stabilité au Moyen‑Orient.
Devant un groupe de chefs d’État du Liban, d’Égypte, de Syrie et du prince héritier de Jordanie, le président français Emmanuel Macron a insisté sur l’urgence d’un calme durable :
« Nous avons tous intérêt à ce que, le plus vite possible, la stabilité revienne et que les économies du monde soient apaisées. »
Il a annoncé que la France était prête à organiser une conférence de soutien aux forces armées libanaises dès que Beyrouth le jugera opportun, et a rappelé le travail franco‑britannique lancé la semaine précédente autour du détroit d’Ormuz. Le président chypriote Nikos Christodoulides a, de son côté, appelé l’UE à « entamer des discussions avec le Liban en vue de conclure un accord stratégique et global » et à renforcer le dialogue avec le régime syrien.
Côté Washington, Donald Trump a prolongé de trois semaines le cessez‑feu au Liban et a dénoncé le manque de temps de l’Iran face à la chute de ses exportations pétrolières :
« J’ai tout le temps du monde, mais ce n’est pas le cas de l’Iran. »
Le président américain a également confirmé l’arrivée d’un troisième porte‑avions, le USS George H.W. Bush, dans la région, tout en assurant qu’il ne prévoyait pas d’utiliser l’arme nucléaire contre Téhéran.
Après plusieurs semaines de suspension, l’aéroport Imam Khomeini de Téhéran a annoncé la reprise des vols internationaux dès samedi, d’abord vers Istanbul (Turquie) et Mascate (Oman). Cette réouverture suit celle de l’aéroport de Mehrabad, signe d’une certaine normalisation malgré la guerre en cours.
Par ailleurs, le président ukrainien Volodymyr Zelensky se rendra vendredi en Arabie saoudite pour rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane, après avoir signé en mars un accord de coopération en matière de défense avec Riyad, dans le cadre de la lutte contre les drones d’origine iranienne.
Alors que les pourparlers entre Washington et Téhéran piétinent, chaque geste diplomatique devient une pièce cruciale du puzzle régional. Le monde attend de voir qui réussira à mettre enfin le calme sur la table des négociations.