
Le feu vert de l’Union européenne ! Après des mois d’impasse, les ambassadeurs des 27 États membres ont, le 22 avril, levé le veto hongrois et ont donné leur accord pour débloquer 90 milliards d’euros de prêts destinés à l’Ukraine, ainsi qu’un vingtième paquet de sanctions contre la Russie.
Le blocage remontait à l’automne 2023, lorsque le Premier ministre Viktor Orbán refusait de signer l’accord, accusant Kyiv d’avoir saboté le oléoduc Druzhba qui transporte du pétrole russe vers la Hongrie. La défaite d’Orbán aux élections législatives du 12 avril 2024 et son remplacement imminent par le pro‑européen Peter Magyar ont débloqué la situation. Budapest a conditionné son accord définitif à la reprise du transit pétrolier, opération qui a repris le 22 avril.
« Ce déblocage envoie le bon signal dans les circonstances actuelles. La Russie doit mettre fin à sa guerre », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Le prêt de 90 milliards d’euros, prévu pour financer l’effort de guerre ukrainien en 2026‑2027, sera versé en deux tranches :
| Année de versement | Montant (milliards €) |
|---|---|
| 2024 (première tranche) | 45 |
| 2025 (seconde tranche) | 45 |
Financé par une émission d’obligations sur les marchés financiers, ce soutien s’accompagne d’un nouveau paquet de sanctions ciblant la Russie, prévu pour coïncider avec le quatrième anniversaire de l’invasion du 24 février 2022.
Le prêt doit couvrir à la fois l’achat d’armements – notamment les systèmes de défense aérienne très coûteux – et l’assistance macro‑financière permettant à l’État ukrainien de payer salaires, retraites et services publics. Selon l’expert Cyrille Bret (Institut Montaigne), le remboursement ne sera envisagé que si l’Ukraine obtient des réparations de guerre de la Russie.
En bref, l’Europe vient de lever le dernier obstacle à un financement crucial, offrant à Kyiv une bouffée d’oxygène financière et renforçant la pression économique sur Moscou. Le prochain sommet à Chypre, le 23 avril, devra concrétiser ces engagements.