
Les explosions ont transformé la corniche Mazraa, l’une des artères les plus fréquentées de Beyrouth, en un tableau de ruines et de panique en moins de dix minutes.
Vers 14 h00 (11 h00 GMT) mercredi, l’armée israélienne a mené ce qu’elle qualifie de « plus grande frappe coordonnée » contre le Hezbollah depuis le déclenchement du conflit le 2 mars. En simultané, une centaine de postes de commandement et d’infrastructures militaires du mouvement a été visée à travers le Liban, y compris le centre de la capitale, la banlieue sud et la plaine de la Békaa. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré dans une vidéo que l’opération était une « exécution parfaite ».
« Tous les amis du Liban sont appelés à nous venir en aide pour faire cesser ces attaques par tous les moyens », a lancé le Premier ministre libanais Nawaf Salam.
Les frappes ont fait s’effondrer des immeubles, incendié des voitures et laissé des rues jonchées de verre brisé. Des témoins comme Ali Younès, qui attendait sa femme, ont vu l’avion frapper et la fumée s’élever immédiatement. Hassan al‑Sayed, propriétaire d’un salon de coiffure, raconte que quatre explosions successives ont brisé la vitrine de son commerce. Dans le quartier populaire de Basta, Yasser Abdallah a déclaré à l’AFP que des enfants avaient été tués et d’autres mutilés.
Le ministère libanais de la Santé, qui publie des chiffres préliminaires, indique 112 décès et 837 blessés dans la capitale seulement. Les routes sont bloquées, les ambulances peinent à accéder aux victimes, et les hôpitaux, dont l’Université américaine de Beyrouth, sont submergés.
| Beyrouth – Bilan préliminaire | |
|---|---|
| Décès | 112 |
| Blessés | 837 |
Depuis le 2 mars, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 1 500 morts et déplacé plus d’un million de personnes. Le conflit, déclenché par une attaque du Hezbollah en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, se poursuit sans signe de désescalade.
Alors que le bruit des hélicoptères se tait, la ville se reconstruit en hâte, mais l’ombre d’une guerre qui s’étend au-delà des frontières reste bien présente.