
Les derniers chiffres du classement mondial 2026 de Reporters sans frontières (RSF) révèlent une chute généralisée de la liberté de la presse, avec des revers dramatiques en Europe de l’Est, au Moyen‑Orient et même dans les démocraties occidentales.
Entre 2025 et 2026, l’indicateur légal – le pilier du classement – s’est détérioré dans 110 sur 180 pays (plus de 60 %). Des législations antiterroristes ou d’« extrémisme » sont détournées pour museler les médias : Égypte (169ᵉ), Géorgie (135ᵉ), Inde (157ᵉ) et Israël (116ᵉ) figurent parmi les plus touchés.
« La criminalisation du journalisme, fondée sur le contournement du droit de la presse et le dévoiement de lois d’exception ou de droit commun, s’avère un phénomène mondial. » – RSF
Les procédures‑bâillons – poursuites judiciaires longues et coûteuses – se multiplient, même dans des pays bien classés comme la France (25ᵉ), la Bulgarie (71ᵉ) ou la Thaïlande (92ᵉ). Plus de 80 % des États manquent de mécanismes de protection efficaces pour les journalistes.
Quelques pays tirent la sonnette d’alarme vers le haut : la Syrie grimpe de la 177ᵉ à la 141ᵉ place après la chute du régime d’Assad, le Kosovo passe de la 99ᵉ à la 84ᵉ, l’Ukraine progresse de la 62ᵉ à la 55ᵉ, et la Belgique améliore sa position de 18ᵉ à 16ᵉ. Le Norvège conserve la première place pour la dixième année consécutive, tandis que l’Érythrée demeure dernier.
| Rang | Pays | Position 2025 → 2026 |
|---|---|---|
| 1 | Norvège | 1 → 1 |
| 2 | Belgique | 18 → 16 |
| 3 | Syrie | 177 → 141 |
| 172 | Russie | 172 (stable) |
| 177 | Iran | 177 (stable) |
Le rapport de RSF conclut que la liberté de la presse se trouve aujourd’hui « asphyxiée » par des lois répressives, des guerres incessantes et des pressions politiques ; le défi est de taille pour protéger les journalistes et garantir l’accès à l’information.
La prochaine édition du classement sera attendue avec une impatience mêlée d’inquiétude, car l’enjeu : savoir si la tendance à la détérioration pourra être inversée.