Après près de deux décennies au pouvoir, Viktor Orbán pourrait enfin quitter le pouvoir, un scénario qui fait trembler les alliances transatlantiques. Les urnes se sont clôturées dimanche 12 avril, et les premiers décomptes, basés sur 46 % des voix, donnent la victoire à l’opposition Tisza de Peter Magyar avec 135 sièges, soit une majorité constitutionnelle de deux‑tiers dans l’Assemblée nationale de 199 députés. 77,8 % des électeurs se sont rendus aux bureaux de vote, un taux en forte hausse par rapport aux scrutins précédents.
« Les résultats sont douloureux pour nous, mais clairs, » a déclaré Viktor Orbán depuis les locaux de son parti, le Fidesz.
La défaite d’Orbán aurait des répercussions majeures : elle ouvrirait la voie à un prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine, bloqué jusqu’ici par le gouvernement hongrois, et mettrait fin à la résistance de la Hongrie contre l’aide militaire européenne à Kyiv. Le vice‑président américain JD Vance, présent à Budapest, a toutefois tempéré les craintes d’ingérence russe, affirmant que les accusations de pression ukrainienne « ne passent pas le test de l’odeur ».
Le Tisza, porteur d’un discours pro‑européen, incarne une alternative à l’« illibéralisme » d’Orbán, modèle que des acteurs de droite aux États‑Unis, comme le Heritage Foundation, ont longtemps admiré. La victoire de Magyar pourrait donc inverser la dynamique entre Washington et Budapest, notamment en matière de coopération énergétique avec la Russie. > « Nous avons besoin d’un amélioration de l’état d’esprit du pays », a déclaré un jeune électeur de 27 ans, soulignant la détresse face à la stagnation économique et aux coûts de la vie quotidienne.
La campagne d’Orbán avait placé l’élection comme un choix entre « guerre » et « paix », mais les électeurs semblent avoir privilégié le changement. En résumé, le Fidesz pourrait quitter le pouvoir après 16 ans de règne, laissant place à une nouvelle ère de relations avec l’UE et les États‑Unis. ******