
Viktor Orbán, à la tête du gouvernement hongrois depuis près de deux décennies, risque la défaite : les élections législatives du dimanche pourraient enfin briser son super‑majorité, au grand étonnement des observateurs occidentaux.
Après une longue période de domination, le parti Fidesz d’Orbán voit son avance s’éroder. Un sondage réalisé par l’IDEA Institute indique que 37 % des électeurs décidés soutiennent encore Fidesz, contre 50 % pour le parti centriste Tisza, dirigé par Péter Magyar.
| Parti | Soutien (électeurs décidés) |
|---|---|
| Fidesz | 37 % |
| Tisza | 50 % |
Le même sondage place la Hongrie parmi les pays les plus corrompus de l’UE selon Transparency International, tandis que Freedom House la qualifie de « partiellement libre » en raison d’élections jugées imparfaites et d’institutions affaiblies.
Le lien entre Orbán et les conservateurs américains reste visible : Donald Trump a qualifié le Premier ministre de « leader fort et puissant » sur Truth Social, et le vice‑président JD Vance a fait campagne à Budapest, lançant un appel à la « souveraineté et à la civilisation occidentale ».
« Highly Respected Prime Minister of Hungary, Viktor Orbán, is a truly strong and powerful Leader… », écrit Trump.
Parallèlement, les relations avec l’Ukraine se détériorent. Budapest a bloqué un prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine tant que le gazoduc Druzhba ne reprend pas le transit. En 2025, 93 % du pétrole importé par la Hongrie provient de Russie, contre 61 % en 2021 (rapport du CSD). Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy accuse Budapest d’être le « pion » de Moscou, tandis que des fuites révèlent des contacts étroits entre le diplomate hongrois Péter Szijjártó et le ministre russe des Affaires étrangères Sergeï Lavrov.
Une défaite d’Orbán pourrait remodeler le paysage politique hongrois, réduire l’influence d’un allié clé de Trump dans l’UE et potentiellement ouvrir la porte à une politique plus pro‑Ukraine. Le résultat de ce scrutin sera scruté de près, tant à Bruxelles qu’à Washington, où chaque vote semble désormais porter le poids d’un débat plus vaste sur la démocratie et la souveraineté en Europe.
L’avenir de la Hongrie pend à un fil : la prochaine semaine décidera si le pays continue sur la trajectoire autoritaire ou s’il ouvre une nouvelle page.