
Le président Donald Trump a signé, le 1er mai 2026, un décret qui élargit de façon spectaculaire les sanctions américaines contre Cuba, ciblant non seulement les responsables cubains mais aussi les entreprises et personnes étrangères qui opèrent dans les secteurs stratégiques de l’île.
Le texte de l’ordonnance autorise des sanctions contre toute « personne étrangère » active dans les domaines de l’énergie, de la défense, des métaux et mines, des services financiers ou de la sécurité, ainsi que dans tout autre secteur de l’économie cubaine. Il introduit en outre des sanctions secondaires : les tiers qui facilitent des transactions avec les entités visées risquent eux‑mêmes d’être pénalisés.
Les cibles comprennent les individus, entités et filiales accusés de soutenir le système de sécurité cubain, d’être impliqués dans la corruption ou de commettre de graves violations des droits humains. Aucun nom n’a encore été publié, mais les autorités américaines signalent que les restrictions pourraient toucher des banques, des compagnies pétrolières et des fournisseurs d’équipements de défense dans le monde entier.
Le gouvernement de La Havane a immédiatement dénoncé la mesure comme une aggravation du « blocus » qu’il qualifie de « punition collective ».
« Le blocus et son renforcement causent d’énormes préjudices », a écrit le président cubain Miguel Diaz‑Canel sur les réseaux sociaux.
« Ces sanctions constituent une punition collective du peuple cubain. Nous ne serons pas intimidés », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez Parrilla.
Les analystes avertissent que l’élargissement des sanctions pourrait accentuer la crise économique déjà sévère de Cuba – pénuries de carburant, coupures d’électricité et inflation galopante – tout en poussant La Havane à rechercher de nouveaux partenaires, notamment en Asie et en Europe, malgré le risque d’être exclue du système financier américain.
Pour les États‑Unis, la mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à contraindre Cuba à « ouvrir son économie d’État », à indemniser les propriétés nationalisées et à organiser des élections « libres et équitables ». Le véritable impact sur le quotidien des Cubains et sur les relations régionales ne se manifestera que dans les semaines à venir.
L’escalade des pressions américaines pourrait bien redessiner le paysage économique et politique des Caraïbes.