Le Parlement israélien vient d’approuver un budget de ** $270 milliards** (699 milliards de shekels), le plus important jamais adopté, qui permet à Benjamin Netanyahu de repousser les élections législatives jusqu’à l’automne et d’achever son mandat de quatre ans. La session, menée toute la nuit, a été interrompue à plusieurs reprises par des sirènes d’alerte à des missiles iraniens, forçant les députés à débattre dans l’auditorium, plus proche d’un abri que dans l’hémicycle habituel. Cette manœuvre politique offre une respiration à la coalition au pouvoir alors que le pays fait face à une guerre simultanée contre l’Iran et une escalade avec le Hezbollah au Liban.
Le texte de loi prévoit une hausse de 20 % des dépenses de défense, portant le budget militaire à $45 milliards. Une partie des fonds, soit $250 millions, a été allouée à la modernisation des écoles Rabbi Shimon Bar Yochai pour les étudiants des écoles rabbiniques ultra‑orthodoxes, un point de friction majeur. L’opposition, notamment Yair Lapid, a dénoncé « le plus grand vol de l’histoire de l’État », accusant le gouvernement de prioriser les intérêts politiques plutôt que les besoins du pays. De son côté, Naftali Bennett a décrit le résultat comme un « cambriolage nocturne ».
« C’est un cambriolage nocturne », a déclaré Naftali Bennett.
« Le budget prend soin de tous les Israéliens, sans exception », a rétorqué le ministre des Finances Bezalel Smotrich.
Le vote survient dans un contexte de guerre prolongée, avec des pertes économiques estimées à $1,6 milliard par semaine, poussant le déficit budgétaire à 5 % du PIB. Parallèlement, un projet de loi controversé visant à instaurer la peine de mort pour les Palestiniens condamnés de meurtre against Israelis alimente le débat sur les droits civiques et la discrimination. Cette mesure, portée par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben‑Gvir, suscite la opposition d’experts, du droit international et de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme.
En prolongeant le budget, Netanyahu espère capitaliser sur le soutien populaire à la guerre tout en différant les élections au moins jusqu’à l’automne. La façon dont ces décisions traduiront la pression sociale et sécuritaire reste incertaine, mais le risque de nouvelles consultations électorales demeure vivant.