
Les frappes de drones de ce samedi ont transformé le centre animé de Nikopol en scène de désastre, rappelant brutalement que la guerre ne fait plus de distinction entre front et civils.
Une première salve a touché le cœur de la ville, où la moitié des 100 000 habitants s’est déjà réfugiée. Deux hommes ont été blessés lors d’une seconde détonation au même endroit, et le parquet a ouvert une enquête pour crime de guerre. Le ministère ukrainien de la Défense a imputé les pertes aux « opérations de défense aérienne russes ».
Dans la nuit précédente, la Russie aurait lancé près de 300 drones contre l’Ukraine, provoquant également des pertes à Kharkiv et dans la région de Sumy. Moscou, quant à elle, a revendiqué avoir abattu 85 drones ukrainiens.
« Nous enquêtons sur ces attaques comme des crimes de guerre », a déclaré le procureur ukrainien.
Kyiv a signalé deux frappes contre des usines intégrées à l’appareil militaire russe, dont une à Togliatti, productrice de caoutchouc synthétique et de matières premières pétrochimiques. Un responsable de la défense a qualifié l’assaut de « massif ».
En Luhansk occupée, le Service de sécurité ukrainien a confirmé qu’une deuxième frappe en un mois a paralysé la production de l’usine sidérurgique d’Alchevsk, endommageant fours à fonte, ateliers et zones clés.
Le gouverneur de la région de Rostov, Yuri Slyusar, a indiqué que l’attaque à Taganrog avait déclenché un incendie dans les locaux d’une société logistique.
Sur le plan politique, le président Volodymyr Zelensky a proposé à Moscou un cesse‑le‑feu pour les fêtes de Pâques, proposition que la Russie a jusqu’ici ignorée.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Drones lancés par la Russie (nuit) | ≈ 300 |
| Drones abattus par la Russie (déclarations) | 85 |
| Blessés à Nikopol (deuxième frappe) | 2 hommes |
Alors que les assauts diurnes de Moscou se multiplient, les initiatives de paix menées par les États‑Unis peinent à gagner du terrain depuis que l’administration américaine a détourné son attention vers le Moyen Orient. La communauté internationale regarde désormais chaque nouveau bombardement comme une mesure du niveau de tension qui persiste, sans signe immédiat de désescalade.
Le spectre d’un printemps sanglant plane encore sur le conflit, laissant les populations civiles en attente d’une trêve qui ne vient pas.