Les rues de Nîmes sont en ébullition : à quelques pas des arènes, les habitants sont confrontés à une bataille électorale qui pourrait renverser un bastion de droite qui dure depuis un quart de siècle.
Le premier tour des municipales a donné le Rassemblement national en tête avec 30,39 % des suffrages, devançant de seulement 163 votes la coalition de gauche (sans LFI) qui recueille 30,05 %. La droite, historiquement dominante, se disperse : Franck Proust, premier adjoint du maire sortant, obtient 19,5 %, tandis que l’ancien premier adjoint dissident Julien Plantier n’accumule que 15 %.
| Candidat / Liste | % des voix |
|---|---|
| RN – Julien Sanchez | 30,39 % |
| Gauche unie | 30,05 % |
| Franck Proust (LR) | 19,50 % |
| Julien Plantier (LR) | 15,00 % |
« Dans toutes les familles, il y a des disputes », affirme Franck Proust en expliquant la scission au sein de la droite.
Le maire sortant Jean‑Paul Fournier, à la tête de la ville depuis 2001, a quitté la scène, laissant place à une lutte fratricide entre Proust, soutenu par Bruno Retailleau, et Plantier, qui a refusé l’union proposée à la dernière minute.
Le candidat RN Julien Sanchez, ancien eurodéputé et ex‑maire de Beaucaire, mise sur la peur de l’immigration et de l’insécurité, promettant le doublement des effectifs de police municipale et une « harcèlement des délinquants ».
« C’est nous ou les communistes », déclare‑il aux électeurs du marché des Halles.
De l’autre côté, le communiste Vincent Bouget, considéré comme favori d’un éventuel triangulaire, veut reproduire le renversement de 1995 et mobiliser les abstentionnistes.
« Il y a un risque RN, mais je ne peux pas imaginer que la ville tombe comme ça », prévient‑il.
Le parti de droite se trouve à la croisée des chemins : ses électeurs semblent glisser vers le RN, tandis que la gauche tente de rassembler les indécis et les abstentionnistes. Si les divisions de la droite persistent, Nîmes pourrait bien voir son paysage politique basculer pour la première fois depuis 25 ans.
Le verdict du second tour restera le véritable test de la capacité de la droite à se reconsolider ou de la droite à se transformer.