
Les 55 postes prévus pour être « relocalisés » à Bruyère Health ont déclenché une onde de choc parmi le personnel infirmier et les préposés aux soins, qui craignent que la réduction massive de main‑d’œuvre n’affaiblisse la qualité des soins dans l’un des plus grands hôpitaux d’Ottawa.
Selon le syndicat CUPE Local 4540, les postes concernés comprennent 46 préposés aux soins et 9 infirmières. L’établissement a indiqué que 12 de ces postes sont déjà vacants et que le processus de « redeployment » vise à réaffecter le personnel plutôt qu’à le licencier directement. Cette décision intervient alors que, selon l’Ontario Hospital Association, les hôpitaux provinciaux font face à un « déficit structurel profond », avec des coûts qui augmentent de 6 % par an en raison du vieillissement de la population et de la complexité croissante des besoins médicaux.
Le président du syndicat, Douglas Currier, infirmier praticien, a exprimé son incrédulité :
« Ces coupes sont importantes et auront un impact direct sur notre capacité à offrir des soins sûrs et rapides. Il est impossible d’éliminer autant de personnel de première ligne sans aucune conséquence. »
Dans un courriel adressé aux médias, Bruyère Health a affirmé :
« Notre priorité, ce sont nos gens et ceux à qui nous nous consacrons. Nous travaillons ensemble pour limiter les répercussions sur nos équipes et les soins aux patients. »
Une enquête interne du syndicat révèle que 67 % du personnel travaille pendant ses pauses faute de personnel suffisant, un signe d’épuisement que Currier décrit comme « pire que pendant la pandémie de COVID‑19 ». Il ajoute que, autrefois portés par un sentiment de mission, les employés se sentent aujourd’hui « réduits à une ligne budgétaire ».
Ces suppressions de postes, perçues comme une réponse aux contraintes financières imposées par le gouvernement provincial, laissent entrevoir une période de tension accrue pour le personnel soignant et les patients de Bruyère Health.
Le prochain chapitre de cette histoire dépendra de la capacité du gouvernement et des dirigeants hospitaliers à concilier équilibre budgétaire et sécurité des soins.