Estefany Maria Rodriguez Florez, journaliste colombienne de Nashville Noticias, a été arrêtée mercredi par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) à Nashville, Tennessee, déclenchant une vive polémique sur la liberté de la presse et les procédures d’immigration.
Les agents d’ICE ont intercepté Rodriguez Florez alors qu’elle se trouvait avec son mari à proximité d’un gymnase ; le véhicule, marqué du logo de la chaîne, a été encerclé et la journaliste emmenée dans un centre de détention fédéral. Le gouvernement affirme qu’elle a enfreint les conditions de son visa touristique, arrivé aux États‑Unis en mars 2021, et n’a pas quitté le pays avant l’expiration prévue en septembre 2021. Selon le porte‑parole du Département de la Sécurité intérieure (DHS) :
« Elle recevra pleine procédure et restera en détention ICE en attendant l’issue de ses procédures d’immigration. »
Ses avocats contestent la légalité de l’arrestation, soutenant qu’aucun mandat d’arrêt n’a été présenté. L’un d’eux a déclaré :
« Jusqu’à présent, elle n’a jamais eu de dossier avec ICE la chargeant de quoi que ce soit. »
Un point de désaccord subsiste : la déclaration officielle d’ICE indique qu’un « mandat administratif » était en place au moment de la saisie, tandis que les avocats insistent sur l’absence de tout mandat judiciaire.
Rodriguez Florez vit aux États‑Unis depuis cinq ans, a demandé l’asile politique, est mariée à un citoyen américain et possède un permis de travail valide. Elle attendait une audience avec le service d’enlèvement et de renvoi d’ICE, prévue le 17 mars, après deux reports précédents (un à cause d’une tempête hivernale, l’autre d’une erreur de programmation).
Le cas alimente les critiques des défenseurs des droits, qui estiment que la politique migratoire de l’administration Trump, centrée sur une répression accrue, menace la liberté d’expression des journalistes. La National Association of Hispanic Journalists a dénoncé « l’arrestation d’un journaliste, un dangereux précédent pour la couverture de l’immigration ». Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large où plusieurs reporters ont été détenus par ICE cette année, rappelant les tensions persistantes entre sécurité frontalière et libertés civiles.
Le suivi de l’affaire et la décision du tribunal détermineront si l’incident constitue une violation des droits fondamentaux ou une application légitime de la loi sur l’immigration.