
Les tensions autour du renouvellement de l’USMCA éclatent dès les premières négociations entre les États‑Unis et le Canada, alors que Washington réclame des concessions préalables sur les politiques intérieures.
Selon des sources proches des discussions, l’administration de Donald Trump aurait exigé que le Canada renonce unilatéralement à plusieurs de ses mesures nationales, notamment les règles de labelling en français, le système de gestion de l’offre laitier et les interdictions provinciales de vente de liqueur américaine. Le gouvernement américain aurait également misé sur les recettes douanières élevées provenant des tarifs sur l’acier, l’aluminium et les automobiles pour pousser à des concessions supplémentaires.
Le Premier ministre Mark Carney a réitéré que les discussions restent « une négociation, pas une diktat », tout en soulignant que le pays ne cédera pas sur les points sensibles. Dominic LeBlanc, ministre du Commerce, a déclaré au Globe and Mail :
« Nous n’allons pas réduire ni renégocier ces exigences linguistiques, l’exemption culturelle ni la gestion de l’offre laitière. »
Il a ajouté que le Canada a « des lignes rouges » mais reste optimiste quant à la conclusion d’un accord complet.
Parallèlement, la polémique de l’« avion graisseux » a trouvé une issue inattendue : le nouvel appareil acheté à 28,9 millions de dollars a été revendu à Bombardier au même prix, sans perte financière, selon les propos de Doug Ford.
« Nous l’avons rendu à Bombardier pour le même montant, personne n’a perdu d’argent. »
Cette transaction, initialement justifiée comme indispensable pour des déplacements sécurisés en Amérique du Nord, a été critiquée pour son manque de transparence.
Le gouvernement se trouve ainsi à la croisée des chemins entre pressions extérieures et défense des intérêts souverains, tandis que les prochaines étapes des pourparlers USMCA resteront décisives pour l’avenir commercial bilateral. Une issue claire déterminera non seulement le cadre économique, mais aussi la perception publique des décisions gouvernementales.