
Le futur du traité commercial USMCA (ou CUSMA) se joue à l’automne, et la Canada‑États‑Unis‑Mexique se prépare à une période de négociations plus complexe que prévu.
Le 1ᵉʳ juillet 2026 marque le point de contrôle obligatoire où les trois pays doivent décider de prolonger le pacte pour 16 ans ou d’entamer une série de révisions annuelles pendant dix ans. La date n’est pas une échéance définitive ; elle sert de « checkpoint », selon la cheffe de la négociation canadienne, Janice Charette, qui a pris la parole pour la première fois depuis sa nomination en février par le Premier ministre Mark Carney. Le Canada souhaite préserver l’accès sans droits de douane aux États‑Unis, essentiel pour les exportations de métaux, de bois d’œuvre et d’automobiles, tout en gérant les tarifs résiduels imposés par Washington.
« C’est un point de contrôle, pas une falaise. »
Charette a exhorté les entreprises canadiennes à contacter leurs clients et partenaires américains : « Nous sommes leur premier client, utilisons ce pouvoir. » Elle a souligné que la négociation comportera à la fois une composante trilatérale (règles d’origine, contenu nord‑américain) et des accords bilatéraux « type LEGO », qui pourraient se matérialiser sous forme de protocoles séparés avec les États‑Unis et le Mexique.
« Nous ne devons pas nous attendre à ce que tout soit résolu d’ici le 1ᵉʳ juillet avec un joli nœud. »
Le représentant américain du commerce, Jamieson Greer, a confirmé que certains points resteront à régler après cette date, notamment les exigences de contenu plus strictes pour l’automobile et les tarifs sectoriels. Le ministre du commerce canadien, Dominic LeBlanc, a rappelé que les discussions sur les tarifs et le renouvellement du traité sont indissociables : une avancée sur les tarifs est conditionnée à un cadre d’accord global.
Des rondes bilatérales officielles avec le Mexique débuteront fin mai, tandis qu’une date de lancement similaire avec le Canada n’est pas encore fixée. Le gouvernement de Carney a aussi constitué un nouveau conseil consultatif, incluant d’anciens dirigeants conservateurs et provinciaux, pour élaborer la stratégie canadienne face à ces négociations.
Alors que le 1ᵉʳ juillet approche, le Canada mise sur la patience, la pression commerciale et des accords parallèles pour éviter une rupture du modèle commercial qui a longtemps été « l’envie du monde ». Le résultat déterminera l’accès futur de milliers d’entreprises canadiennes aux marchés nord‑américains.