
Les frappes russes ont repris hier soir, éclipsant les appels de Moscou à une trêve pour les commémorations du 9 mai et faisant au moins 28 morts en Ukraine, alors que le président Volodymyr Zelensky dénonçait un « refus évident » du cessez‑le‑feu proposé par Kiev.
Kiev avait proposé, dès minuit du 5 mai, un cessez‑le‑feu unilatéral destiné à faciliter les pourparlers de paix. Moscou, de son côté, avait annoncé une trêve ponctuelle pour les cérémonies de la Victoire, mais n’a pas reconnu celle de l’Ukraine. Selon le ministre des Affaires étrangères ukrainien Andriï Sybiga, la nuit du 5 au 6 mai, la Russie a lancé 108 drones et 3 missiles contre le nord‑est et le sud‑est du pays, dont des frappes matinales sur Kharkiv et Zaporizhzhia. Le ministère russe de la Défense a quant à lui déclaré avoir abattu 53 drones ukrainiens entre 21 h et 7 h, un chiffre bien inférieur aux plus de 200 interceptions des nuits précédentes, tout en précisant qu’il ne pouvait pas confirmer une éventuelle violation ukrainienne de la trêve.
« Il est évident pour toute personne raisonnable qu’une guerre à grande échelle et le meurtre quotidien de personnes constituent un très mauvais moment pour des « célébrations » publiques, » a affirmé le président Zelensky.
Les attaques russes ont fait 30 civils morts dans les dernières 24 heures, dont une femme décédée d’un drone sur un véhicule civil à Soumy et une gardienne tuée dans une maternelle de la même région. À Kramatorsk, les combats continuent malgré le calme relatif signalé par les troupes ukrainiennes sur le front. En réponse, l’armée ukrainienne a déclaré « œil pour œil, dent pour dent » et a indiqué que ses forces répliqueraient de façon symétrique à chaque infraction.
| Événement | Nombre d’engins | Cibles principales |
|---|---|---|
| Attaques russes (5‑6 mai) | 108 drones / 3 missiles | Kharkiv, Zaporizhzhia, infrastructures civiles |
| Interceptions russes | 53 drones | Airspace russe |
Les célébrations du 9 mai seront donc réduites : le défilé sur la Place Rouge se fera sans matériel militaire, une première en près de vingt ans, tandis que Moscou impose des coupures d’internet à Moscou et dans d’autres régions.
La guerre, déjà le conflit le plus sanglant d’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, reste loin d’une résolution, chaque violation du cessez‑le‑feu alimentant le cycle de représailles.
Les prochains jours détermineront si la pression internationale pourra contraindre les deux parties à renouer un dialogue réel.