
Les deux semaines de calme annoncées par Washington et Téhéran ont été présentées comme une victoire totale pour les États‑Unis, mais la réalité du terrain reste bien plus nuancée.
Depuis le 28 février, les frappes conjointes des États‑Unis et d’Israël sur le territoire iranien ont fait 2 076 décès et des milliers de blessés, tout en perturbant les approvisionnements mondiaux en énergie. Le combat s’est étendu au Liban, où 1 530 personnes ont perdu la vie. Face à cette escalade, le Pakistan a assumé le rôle de médiateur, organisant des pourparlers à Islamabad.
Le président Donald Trump a annoncé sur Truth Social que les États‑Unis suspendraient les bombardements pendant deux semaines après réception d’une proposition iranienne de dix points, jugée « solvable ».
« Victoire totale et complète. 100 % ; aucune question à ce sujet. »
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué que l’Iran arrêterait ses « opérations défensives » dès que les attaques cesseraient et garantirait le passage sécurisé des navires dans le détroit d’Oman, tout en conservant le contrôle stratégique du détroit.
Les deux plans initiaux – le plan à 15 points des États‑Unis (déploiement d’un cessez‑le‑feu de 30 jours, désarmement nucléaire, levée totale des sanctions, etc.) et le plan à 10 points de l’Iran (non‑agression américaine, maintien du contrôle du détroit, reconnaissance du programme nucléaire iranien, retrait complet des sanctions, compensation via les frais de transit, etc.) – restent largement divergents. Aucune des parties n’a confirmé l’adhésion aux exigences les plus controversées, notamment le retrait complet des troupes américaines du Moyen‑Orient, considéré comme un point de rupture pour Washington.
Les négociations, qui doivent reprendre vendredi à Islamabad, devront concilier les exigences de sécurité américaines – notamment la limitation du programme balistique iranien – avec les demandes iraniennes de souveraineté sur le détroit et d’indemnisation. Le sort du Liban, exclu du texte officiel selon le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, pourrait devenir le principal test de la durabilité de l’accord.
Si les pourparlers aboutissent, le calme relatif pourrait offrir une brèche dans une guerre qui a déjà laissé des cicatrices profondes dans la région.