
Un nouveau coup de théâtre vient d’alimenter la longue vendetta du président Donald Trump contre son ancien directeur du FBI. Le mardi 28 avril 2026, James Comey a été mis en examen par un jury de Caroline du Nord pour deux chefs d’accusation, dont « menace contre la vie et l’intégrité physique du président des États‑Unis ».
L’affaire repose sur une publication Instagram réalisée en mai 2025, alors que Comey profitait de vacances sur une plage de la Caroline du Nord. Sur la photo, des coquillages formaient le message « 86 47 ». Dans l’argot américain, le nombre 86 peut signifier « faire sortir, voire tuer », tandis que 47 renvoie à Trump, 47ᵉ président. Les autorités ont interprété l’image comme une menace directe contre le chef de l’État. Comey a rapidement retiré la publication et a déclaré ne pas avoir pensé que les chiffres pouvaient être perçus comme violents.
« Je suis toujours innocent, je n’ai toujours pas peur et je crois toujours en une justice fédérale indépendante », a affirmé Comey dans une vidéo diffusée après l’inculpation.
Le procureur général par intérim, Todd Blanche, a précisé que chaque chef d’accusation est passible d’une peine maximale de dix ans de prison et a qualifié l’affaire de « poursuite de routine pour menace contre un fonctionnaire ».
Comey, renvoyé du FBI par Trump en 2017 lors de l’enquête sur les ingérences russes de 2016, était déjà visé par d’autres accusations – fausses déclarations et obstruction d’une enquête du Congrès. Une première mise en accusation en novembre 2025 avait été annulée par un juge fédéral, qui a jugé illégale la nomination de la procureure à l’origine du dossier ; le ministère de la Justice a fait appel.
Le renvoi de Pam Bondi, alors procureure générale, en début avril par Trump, a permis à Todd Blanche, ancien avocat personnel du président, de prendre la tête du ministère et d’avancer rapidement les poursuites.
Cette nouvelle inculpation illustre la persistance d’une stratégie de répression politique qui, selon les observateurs, pourrait redéfinir les limites du pouvoir judiciaire aux États‑Unis.
Le prochain acte de ce drame judiciaire reste à écrire, mais le climat de confrontation entre le Kremlin du droit et le pouvoir exécutif ne montre aucun signe d’apaisement.