Le sommet de l’Union européenne à Chypre a laissé les attentes ukrainiennes sur le fil : le soutien matériel se confirme, mais l’intégration politique reste à l’étape de la discussion.
Au cœur du débat, le chancelier allemand Friedrich Merz a rappelé que « une adhésion immédiate de l’Ukraine à l’UE n’est bien sûr pas possible », insistant sur la longueur du processus. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a ajouté que même son Portugal a mis neuf ans à finaliser son entrée. Merz a toutefois proposé une « intégration plus étroite », comme la participation aux sommets européens sans droit de vote, proposition rejetée par le président ukrainien qui refuse les « avantages symboliques ».
« Il est clair pour tout le monde qu’une adhésion immédiate de l’Ukraine à l’UE n’est bien sûr pas possible », a déclaré Merz.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk, en ouvrant la séance, a ironisé : « Pour la première fois depuis des années, il n’y avait pas de Russes dans la salle », soulignant l’absence du ministre hongrois pro‑russe Viktor Orban, récemment évincé après des révélations selon lesquelles il aurait transmis en temps réel les discussions de l’UE au Kremlin.
Le même jour, 193 prisonniers de guerre ont été échangés entre Kiev et Moscou, sous l’égide des Émirats arabes unis et des États‑Unis de Donald Trump. Mais la situation sur le terrain reste critique : des images diffusées sur les réseaux montrent des soldats ukrainiens, torse nu, émaciés et privés d’eau et de nourriture depuis sept mois. Face à ces révélations, l’état‑major ukrainien a relevé de leurs fonctions l’officier à la tête de la 16e Brigade mécanisée et dégradé le commandant du 10e Corps, les accusant d’avoir « dissimulé la situation réelle ».
Ces unités sont engagées autour de la rivière Oskil, dans la région de Kupiank, l’un des secteurs les plus violents du conflit.
Alors que l’Europe maintient son aide militaire et financière, le fossé entre l’appétit de Kiev pour une adhésion accélérée et la prudence de Bruxelles se creuse, tandis que les lignes de front continuent de témoigner d’une guerre qui s’enlise davantage.
Le prochain geste de l’UE pourrait bien définir le cours du conflit.