Le choc des hostilités au Moyen‑Orient se répercute déjà, non seulement sur les chantiers, mais aussi sur les billets d’avion, poussant à la fois constructeurs et voyageurs à envisager des coûts bien plus élevés.
Lors d’un comité de suivi du plan « Relance logement », le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a qualifié le conflit d’« facteur exogène extrêmement impactant pour la production de logements ».
« L’impact est déjà là », a‑t‑il rappelé en se rendant à Bondy.
Les syndicats du bâtiment confirment l’escalade des prix : la Fédération française du bâtiment (FFB) signale +35 % sur les membranes bitumineuses et +20 % sur les plastiques (PVC, polystyrène). Le syndicat des artisans Capeb indique que 65 % de ses adhérents ont reçu des notifications d’augmentation, tandis que 56 % ressentent les effets de la hausse du gazole non routier.
| Produit | Hausse moyenne |
|---|---|
| Membranes bitumineuses | +35 % |
| PVC et isolants (polystyrène) | +20 % |
| Gazole non routier | + % variable |
Face à ces pressions, Jeanbrun promet la création d’un observatoire des prix, réclamé depuis longtemps par la FFB et les bailleurs HLM, afin de vérifier la légitimité des hausses. Le ministre avertit également que le conflit « peut avoir une incidence » sur les taux d’intérêt, un risque à gérer pour atteindre l’objectif de 2 millions de logements d’ici 2030 (soit 400 000 par an, dont 125 000 sociaux dès cette année).
Le même conflit alimente une flambée du kérosène, provoquant une hausse généralisée des tarifs aériens. Pascal de Izaguirre, président de la Fédération nationale de l’aviation (Fnam), a déclaré :
« Les hausses des prix des billets se généralisent et elles sont inévitables. »
Il alerte sur un possible manque de kérosène dans les semaines à venir et prédit de nouvelles augmentations tarifaires si la situation persiste. Les compagnies, confrontées à des coûts de carburant plus élevés et à des itinéraires restreints, pourraient annuler des vols à faible taux de remplissage, accentuant l’incertitude pour les voyageurs.
Alors que le secteur du logement lutte contre la hausse des matériaux et les banques ajustent leurs taux, les aéroports voient déjà leurs coffres se vider sous le poids du carburant. Le prix du pétrole devient le fil rouge qui relie deux pans essentiels de l’économie : bâtir nos foyers et déployer nos ailes.