Une visite surprise de JD Vance, vice‑président américain, à Budapest a transformé la campagne électorale hongroise en un nouveau théâtre de confrontation entre Washington et Bruxelles.
Le 41‑ans Vance, figure de proue du camp pro‑Trump, s’est rendu en Hongrie la veille du 12 avril, jour du scrutin législatif qui décide du sort du Premier ministre Viktor Orbán, au pouvoir depuis 16 ans. Accompagné de son homologue hongrois, il a déclaré que son déplacement visait à « envoyer un signal à tous, en particulier aux bureaucrates de Bruxelles, qui tentent d’étouffer le peuple hongrois ». Au micro, il a qualifié l’ingérence de l’Union européenne de « l’un des pires exemples d’interférence étrangère que j’aie jamais vu », ajoutant :
« Les bureaucrates de Bruxelles ont essayé de détruire l’économie de la Hongrie, de la rendre moins indépendante sur le plan énergétique et d’augmenter les coûts pour les consommateurs, simplement parce qu’ils détestent M. Orbán. »
Vance a également loué Orbán comme un « modèle » pour l’Europe, soulignant sa politique énergétique – notamment le maintien d’importations de gaz russe à prix réduit – comme la clé d’une moindre hausse des prix de l’énergie en Hongrie.
La visite s’inscrit dans une stratégie américaine qui, depuis l’arrivée de Trump, n’hésite plus à soutenir ouvertement des dirigeants perçus comme alliés idéologiques. L’administration Trump a déjà qualifié Orbán de « leader fort et puissant », et Vance a rappelé la coopération « morale » entre les deux pays.
Les réactions en Europe sont vives. Le porte‑parole de la Commission européenne a rappelé que le choix des électeurs devait rester souverain, tandis que les opposants hongrois, menés par le centristes Peter Magyar, accusent Vance d’ingérence. Les sondages offrent toutefois des perspectives contrastées :
Source 2 indique que des instituts indépendants prévoient une victoire écrasante du parti Tisza de Magyar, tandis que Source 5 affirme que les mêmes sondages montrent Orbán susceptible de perdre.
Si la présence de Vance ne suffit pas à inverser le cours de la campagne, elle accentue la fracture déjà profonde entre Washington, l’Union européenne et Budapest, et laisse présager des tensions accrues autour de l’élection du 12 avril. Le monde regarde, et la Hongrie se prépare à écrire un nouveau chapitre de son histoire politique.