
Les États‑Unis accusent la Chine d’avoir lancé une campagne « à l’échelle industrielle » pour copier des modèles d’intelligence artificielle américains, un revers qui risque de compliquer le sommet prévu entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin.
Dans une note adressée aux agences fédérales, le directeur de l’Office of Science and Technology Policy (OSTP), Michael Kratsios, affirme disposer d’informations confirmant que « des entités étrangères, principalement basées en Chine, mènent des campagnes de distillation industrielles ».
« En utilisant des dizaines de milliers de comptes proxy pour échapper à la détection et des techniques de « jailbreaking » pour exposer des informations propriétaires, ces campagnes extraient systématiquement les capacités des modèles d’IA américains. »
La distillation consiste à entraîner un petit modèle à partir des sorties d’un modèle plus grand, réduisant ainsi les coûts de formation tout en reproduisant des performances partielles. Des laboratoires comme Anthropic ont déjà signalé que trois entreprises chinoises – DeepSeek, Moonshot AI et MiniMax – auraient inondé leur modèle Claude de 16 millions d’échanges via environ 24 000 comptes frauduleux.
Le consulat chinois à Washington a rejeté les allégations, les qualifiant de « sans fondement » et a souligné l’importance qu’accorde Pékin à la protection de la propriété intellectuelle.
En réponse, l’OSTP prévoit :
Le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a précisé que, malgré l’autorisation de janvier pour la vente de puces puissantes de Nvidia, aucune expédition n’avait encore eu lieu.
Cette révélation s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes : le Congrès américain a adopté le plus important amendement de contrôle des exportations de son histoire, estimant le vol de technologie chinoise à 400‑600 milliards de dollars par an. La capacité de la Chine à développer ses propres modèles – à l’instar de DeepSeek, qualifié de « moment Sputnik » en 2025 – alimente les craintes d’un déséquilibre stratégique.
Si les deux dirigeants se rencontrent en mai, la question de la protection de l’innovation technologique américaine sera sans doute au cœur des discussions. Le futur du commerce high‑tech entre Washington et Pékin reste donc incertain.