
Le samedi 4 avril, la place de la mairie de Saint‑Denis s’est transformée en un immense point de convergence contre le racisme, rassemblant des milliers de citoyens après que le nouveau maire, Bally Bagayoko (LFI), a dénoncé des propos jugés racistes à son encontre sur la chaîne CNews.
Élu en mai dernier, Bagayoko, d’origine malienne, fait l’objet depuis son investiture d’une campagne de haine qui a atteint le grand public lorsqu’il a été comparé à « la famille des grands singes » et à un « mâle dominant » lors d’émissions de CNews. Le 29 mars, il a lancé sur Instagram un appel à un « grand rassemblement citoyen » contre le racisme et toutes les formes de discrimination. Le parquet de Paris a ouvert, le lendemain, une enquête pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion », le préfet s’étant constitué partie civile sur demande du Premier ministre Sébastien Lecornu.
| Prévision d’affluence |
|---|
| 10 000 à 20 000 personnes attendues |
À 14 h, la foule, estimée entre plusieurs milliers et les 20 000 attendus, a entendu Jean‑Luc Mélenchon, Mathilde Panot, Sophia Chikirou, l’écologiste Marine Tondelier et une délégation socialiste. Le maire a rappelé :
« La cause que nous défendons est au‑dessus des divergences ; il s’agit d’un combat contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie. »
L’absence de la ministre déléguée à la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a été soulignée par le maire, qui a toutefois remercié la ministre pour son soutien téléphonique. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié les propos de CNews « ignobles » et « absolument inacceptables », tandis que la chaîne a fermement contesté la présence de propos racistes, affirmant que les déclarations avaient été « délibérément déformées ».
Le rassemblement a également vu des interventions de jeunes militants, appelant le président Emmanuel Macron à rompre le « silence » sur ces violences. Au terme de la manifestation, Bagayoko a renouvelé sa demande de fermeture de CNews, tandis que l’enquête judiciaire poursuit son cours.
Ce jour marque ainsi un premier grand test de légitimité pour le nouveau maire et un rappel puissant que la lutte contre les discriminations reste au cœur du débat public en France.