
Le samedi 4 avril, le nouveau maire de Saint‑Denis, Bally Bagayoko, a appelé à un grand rassemblement citoyen pour dénoncer le racisme et les attaques « réactionnaires » dont il a été la cible depuis son élection le 15 mars.
À peine installé, l’élu LFI a reçu des dizaines de messages haineux et a été visé par des propos déformés sur les plateaux de CNews, où des chroniqueurs ont insinué qu’il cherchait à « pousser les limites » ou à exercer une « dominance masculine ». En réponse, le préfet de Seine‑Saint‑Denis a ouvert deux enquêtes – l’une pour injure publique à caractère raciste, l’autre pour cyberharcèlement – et le maire a lancé un appel sur Instagram à tous les habitants, syndicats et responsables politiques pour « réaffirmer les valeurs humanistes qui nous rassemblent ».
« Le 4 avril vise à fédérer l’ensemble de celles et ceux qui considèrent que la question principale qui se pose aujourd’hui dans notre société, c’est le danger de l’extrême droite », déclare Bagayoko à France Info.
Le cortège débutera à 14 h00 sur le parvis de l’hôtel de ville, avec l’objectif affiché de rassembler 5 000 à 10 000 personnes. Parmi les figures confirmées :
| Groupe | Personnalités attendues |
|---|---|
| Politique de gauche | Jean‑Luc Mélenchon, Marine Tondelier, députés LFI, représentants EELV, délégués PCF et PS |
| Syndicats | CGT, FSU |
| Société civile | Assa Traoré, Lilian Thuram, Dominique Sopo (SOS Racisme), rappeur Fianso |
Aucun membre du gouvernement ne doit participer, la ministre chargée de la lutte contre les discriminations estimant que l’événement ne relève pas d’une action étatique, tandis que les représentants de la droite et du centre ont, pour la plupart, décliné l’invitation.
Au‑delà d’une simple manifestation, le rassemblement cherche à montrer que la diversité de Saint‑Denis est une force et à contrer les discours qui marginalisent les jeunes des quartiers populaires. La réponse du public et la couverture médiatique pourraient influencer le climat politique local à l’approche des élections municipales suivantes.
Cette mobilisation marque une étape déterminante pour un maire qui, dès ses premiers jours, affirme vouloir défendre la République et ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.