
Le 9 mai 2026, Péter Magyar a prêté serment devant le Parlement de Budapest, marquant la fin officielle des 16 ans de gouvernement de Viktor Orbán.
Le parti de centre‑droite Tisza, créé en 2024, a remporté les élections du 12 avril avec une majorité qualifiée de deux‑tiers, ce qui lui donne le pouvoir de réformer la Constitution. Au total, 141 des 199 sièges parlementaires sont désormais occupés par les députés de Tisza :
| Parti | Sièges |
|---|---|
| Tisza | 141 |
| Fidesz‑KDNP | 52 |
| Mi Hazánk | 6 |
| Autres | 0 |
Dans son discours d’investiture, le nouveau Premier ministre a déclaré :
« Je suis ici parce que des millions de Hongrois ont décidé qu’ils veulent un changement. »
Il a promis de « démanteler le régime illibéral » d’Orbán, de lutter contre la corruption et de rétablir les contre‑poids institutionnels. Parmi ses premières mesures, la création d’une Office national de récupération et de protection des actifs chargée d’enquêter sur les fonds détournés vers des proches d’Orbán. Il a également exigé la démission d’ici fin mai de tous les hauts fonctionnaires nommés par le parti sortant, dont le président de la chaîne publique Tamás Sulyok.
Magyar doit maintenant faire face à une économie fragile : le PIB a à peine repris, les prix de l’énergie explosent et le déficit public pourrait atteindre 7 % du PIB. La libération des 17 milliards d’euros de fonds européens, bloqués pour des raisons de respect de l’État de droit, figure parmi les priorités essentielles pour relancer la croissance.
Le drapeau de l’UE a été hissé de nouveau sur la façade du Parlement, symbole d’un rapprochement que le nouveau gouvernement veut approfondir. Le cabinet, composé de 16 ministres dont quatre femmes, compte également un record de 54 femmes parlementaires, soit plus d’un quart de la chambre.
Les Hongrois assistent à la première cérémonie de « changement de régime » depuis l’avènement de la démocratie post‑communiste, avec la foule brandissant à la fois les drapeaux nationaux et européens.
Le nouveau mandat de Péter Magyar s’annonce comme un test décisif : réconcilier la Hongrie avec ses institutions démocratiques tout en redressant une économie en difficulté. Le prochain chapitre vient tout juste de commencer.