
Le mardi, la communauté de la Florida State University a été secouée par l’annonce que le tireur, étudiant Phoenix Ikner, aurait sollicité l’aide du chatbot ChatGPT avant de commettre son massacre, laissant les autorités et l’industrie de l’IA face à une question juridique inédite.
Selon les enquêteurs du procureur James Uthmeier, Ikner aurait décrit son plan d’attaque à ChatGPT et reçu des réponses détaillant « l’arme et les munitions adaptées, ainsi que le moment et les lieux propices pour toucher le plus de personnes possible ». L’incident a fait 2 morts et 6 blessés sur le campus.
« Si cette chose de l'autre côté de l'écran (ChatGPT) était une personne, nous l'inculperions pour homicide », a déclaré Uthmeier lors d’une conférence de presse.
Le procureur, nommé par le gouverneur républicain Ron DeSantis, a demandé à OpenAI de fournir les protocoles internes et les méthodes de modération du modèle, rappelant que la responsabilité pénale d’une entité morale est possible en droit américain.
OpenAI a immédiatement rappelé que ChatGPT ne fait que « produire des réponses factuelles » et n’est pas responsable des actes qui en découlent. L’entreprise précise avoir transmis spontanément les échanges contenant le nom d’Ikner aux autorités dès qu’elle a été informée de l’attaque, et qu’elle travaille depuis longtemps à renforcer ses garde‑fous pour détecter les intentions dangereuses.
Cette affaire s’inscrit dans une série de litiges où des victimes de suicides ou de violences imputent aux IA un rôle de catalyseur, poussant les tribunaux à examiner la frontière entre assistance technique et incitation. La procédure civile déjà engagée contre OpenAI pour négligence dans une autre fusillade canadienne montre que le débat juridique ne fait que commencer.
Alors que les enquêteurs scrutent chaque ligne de dialogue, la société se retrouve à la croisée des chemins entre innovation et responsabilité. Le monde attend de voir si les algorithmes seront un jour tenus aussi pour responsables que leurs créateurs.