
Les tensions qui éclatent entre le Parti socialiste (PS) et La France Insoumise (LFI) à deux semaines des municipales pourraient bien redistribuer les cartes du pouvoir local, au profit de la droite et du Rassemblement national.
Le 3 mars 2026, le bureau national du PS a adopté à l’unanimité une résolution dénonçant les « caricatures complotistes et propos antisémites intolérables » de Jean‑Luc Mélenchon. L’accusation repose sur la mauvaise prononciation, lors de meetings à Lyon et Perpignan, des noms juifs Epstein et Glucksmann. Le parti a alors appelé les militants LFI à « se désolidariser clairement et pleinement » de ces propos et a rappelé qu’aucun accord national ne serait possible pour le second tour des municipales.
« Le parti de la rose ne saurait y avoir d’accord national avec LFI compte tenu de l’inquiétante dérive de la direction de ce mouvement », indique le communiqué du PS.
De son côté, Mélenchon a riposté sur X, qualifiant les accusations « intolérables » et dénonçant une « désolidarisation du combat antifasciste » qui, selon lui, profite aux forces d’extrême‑droite. Il a rappelé que plus de 60 villes voient le PS déjà associé à LFI dans des listes locales, et que une cinquantaine de communes comptent des listes communes Insoumis‑Socialistes pour le premier tour.
Le PS mise sur le « désistement républicain » : si le RN menace de l’emporter, les socialistes invitent leurs militants à voter contre le Front national, même au prix de ne pas soutenir les listes LFI. Cette posture risque toutefois de fragmenter davantage le camp de gauche, alors que les sondages placent régulièrement les listes PS devant celles des Insoumis dans les villes où les deux se confrontent.
Pour LFI, la perspective d’alliance locale reste centrale ; le parti prévoit que des membres de sa direction figurent sur des listes menées par des socialistes dans une demi‑douzaine de cas, et il insiste sur la nécessité de clarifier sa position face à la « violence politique » avant tout rapprochement national.
Les querelles publiques entre PS et LFI, amplifiées par les accusations d’antisémitisme et les appels à la dissociation, laissent entrevoir une municipalité 2026 où la droite pourrait capitaliser sur la division de la gauche. Le véritable défi : empêcher que les rivalités internes ne se traduisent en victoires pour le RN.